Libye : un groupe armé de Zintan a libéré Seïf al-Islam Kadhafi

Un groupe armé de Zintan a annoncé samedi avoir libéré le fils cadet de l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, Seïf al-Islam. Sa libération a été confirmée par l'un de ses avocats, Khaled al-Zaidi.

Seïf al-Islam est libre depuis le vendredi 9 juin. C'est en tout cas ce qu'a indiqué la "Brigade Abou Bakr al-Sadiq", dans un communiqué publié samedi 10 juin sur Facebook. Cette brigade est l'un des groupes armés qui contrôlent la ville de Zintan, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, où Seïf al-Islam Kadhafi était détenu jusqu'alors.
 
Les groupes armés qui contrôlent Zintan sont opposés au gouvernement libyen d'union nationale (GNA) installé dans la capitale Tripoli et reconnu par la communauté internationale, bien que peinant à étendre son autorité à l'ensemble de ce pays plongé dans le chaos politique.

Somalie : un camp d'entrainement des Shabab détruit

Les forces spéciales somaliennes ont détruit le camp d'entrainement d'Al Shabab à Jouba, dans le centre du pays, a annoncé un communiqué de la présidence somalienne.

"J'ai autorisé tôt ce matin nos forces spéciales, avec le soutien de nos partenaires étrangers à mener des frappes contre le camp d'entrainement d'Al-shabaab, près de Sakow, dans la région de Jouba au centre", a déclaré le président Mohamed Abdullahi Farmajo.

"Ce raid est un succès dans la mesure où il a permis de détruire un centre de commandement et de distribution d'armes des shabaab", poursuit-il.

Selon lui, cette frappe "va assurément perturber la capacité de l'ennemi à mener de nouvelles attaques à l'intérieur de la Somalie".

Le président Farmajo a rappelé qu'il avait promis de faire de la sécurité la priorité absolue pour son administration.

"Ce raid renforcera la sécurité et réduira les menaces d'al-shabaab. Nous avons longtemps souffert des attaques d'al-shabaab qui est soutenu par des réseaux terroristes mondiaux", a souligné M. Farmajo.

Le chef de l'Etat a tout de même précisé que toutes les précautions seront prises pour protéger la population civile lors de ces opérations contre les terroristes.

Des informations font état du décès de Mahad Karate, chef du renseignement de la milice qui aurait été tué durant le raid.

Tchad: le gouvernement parvient à un accord avec le consortium pétrolier à Doba

Le gouvernement tchadien et le consortium pétrolier qui exploite le bassin de Doba se sont entendus, vendredi 9 juin, à N'Djamena, en paraphant un accord qui indique que le Tchad renonce aux poursuites engagées contre le consortium, en octobre 2016, pour non-paiement des taxes, en échange d'investissements pour relancer le secteur.

C'est une réconciliation de raison qui a eu lieu, vendredi soir, à Ndjamena. Après avoir attaqué de front le consortium pétrolier, en octobre dernier, le condamnant à payer une amende record de plus de quatre mille milliards de francs CFA, le Tchad a choisi la voie du dialogue qui a abouti à l'accord.

« Cet accord met un terme à toute poursuite judiciaire contre le consortium, des procédures judiciaires et arbitrales qui sont, de toute façon, longues, fastidieuses et coûteuses », a brièvement expliqué le ministre du Pétrole, maître Béchir Madet.

200 millions de dollars

De bonne source, le consortium devra payer autour de 200 millions de dollars au Trésor public tchadien, non pas pour la condamnation d'octobre 2016, mais pour l'extension de son permis d'exploitation du bassin de Doba, jusqu'en 2050.

D'ici là, le consortium compte développer une technologie dite polymère qui permettra de secouer le sous-sol déjà exploré pour récupérer le pétrole qui n'a pu être extrait jusque-là.

Cameroun: des changements au sein de la magistrature

Au Cameroun, le président Paul Biya vient de publier une série de décrets pour entériner les nominations et les mutations au sein de l'appareil judiciaire. Parmi ces décrets, figure une décision qui ne manque pas de surprendre, celle de la mise à la retraite de Paul Ayah Abine. Opposant, ancien candidat à la présidentielle, il est aussi avocat général auprès de la Cour suprême. Il est détenu depuis quatre mois et demi à Yaoundé. Cette mise à la retraite risque d'avoir des conséquences sur son avenir.

Paul Ayah a été arrêté fin janvier, au plus fort de la crise qui secoue toujours les deux régions, à majorité anglophone, à l'ouest du Cameroun. Quelques jours plus tôt, les leaders de la contestation y avaient été interpellés et internet coupé. Paul Ayah, originaire du Cameroun anglophone, avait pris des positions critiques vis-à-vis du gouvernement.

Cependant et, contrairement aux autres, Paul Ayah n'est pas jugé devant le tribunal militaire et est toujours retenu au secrétariat d'Etat à la Défense. Jusqu'à présent, il a refusé de se soumettre aux interrogatoires, en mettant en avant sa position de haut magistrat et répétant que la procédure n'avait pas été respectée.

Madagascar: le garde des Sceaux tend la main, les magistrats veulent des actes

A Madagascar, le ministère de la Justice sort de son silence après une grève générale des magistrats jeudi 8 et vendredi 9 juin. Les 42 juridictions que compte la Grande Ile étaient fermées. Une grève pour dénoncer les atteintes à l'indépendance de la justice. Le ministre de la Justice malgache s'est dit prêt à dialoguer avec les magistrats. Une proposition refusée par ces derniers pour le moment.

« Des actes avant tout. » C'est la réponse du syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) à la main tendue du ministre de la Justice, Charles Andriamiseza. Très discret depuis le début de la grogne des magistrats il y a deux mois, le ministre de tutelle tente de jouer la carte de l'apaisement. « Il n'y a pas de conflit interne, ni de guerre intestine au sein de la justice. Il s'agit simplement d'une différence de point de vue. Je suis prêt à dialoguer », indique t-il

Une déclaration qui est loin de satisfaire les magistrats, pour qui le ministre ne mesure pas la gravité de la situation. « L'Etat de droit et l'indépendance de la justice sont en danger », déclare le vice-président du syndicat des magistrats de Madagascar, Hubert Tiaray Fanahimanana.

Mali: dans le centre, des centaines d'écoles ferment à cause de l'insécurité

Un récent rapport de Save The Children plaçait le Mali dans le top cinq des pays où les enfants sont les plus menacés. Dans le centre du pays, plusieurs centaines d'écoles ont dû fermer ces derniers mois. La faute à des prêcheurs radicaux qui menacent de s'en prendre aux personnels et aux enfants et à l'insécurité en général.

Le scénario est à chaque fois le même, des précheurs radicaux viennent se présenter dans les écoles, exigent de pouvoir venir délivrer leurs messages plusieurs fois par semaines sous peine de revenir et de détruire les lieux. A chaque fois, les élèves et les professeurs prennent la fuite pour rejoindre Mopti, la capitale administrative de la région.

Régulièrement, les prêcheurs radicaux reviennent pour mettre à sac et incendier les établissements. Les faits divers de ce type se multiplient ces dernières semaines, mais la tendance n'est pas nouvelle. A la même époque l'année dernière, 111 écoles étaient fermées dans la région de Mopti.

Aujourd'hui, 248 structures sont abandonnées ou détruites, c'est plus du double en un an. L'Unicef estime que près de 80 000 enfants, rien que dans la région centre sont désormais hors du système scolaire. Difficile de prendre des mesures concrètes pour protéger les populations, l'Etat malien est quasi absent de cette partie du pays et la mission onusienne peine à s'y déployer.