Sida : le Kenya, premier pays africain à utiliser une version générique du médicament le plus avancé

La version générique, et donc peu onéreuse, du médicament le plus avancé contre le virus du VIH a été introduite au Kenya, une première en Afrique où plus de 25 millions de personnes souffrent du sida, a annoncé mercredi l'organisation Unitaid.

Le dolutegravir (DTG) est disponible sur le marché depuis quelques années, et est déjà largement utilisé dans les pays développés. Mais son prix restait souvent trop élevé pour être acheté dans le cadre de programmes à grande échelle de lutte contre le sida menés dans des pays africains.

"La version générique du DTG a deux avantages : d'un côté, il est très bon d'un point de vue purement pharmaceutique, et de l'autre, son prix est beaucoup plus avantageux", a assuré à l'AFP Robert Matiru, de l'organisation Unitaid, qui a pour but de réduire les coûts des médicaments traitant de maladies telles que le sida ou la tuberculose.

Une boîte de 30 pilules de DTG, assez pour un mois de traitement, coûtait jusqu'à présent entre 25 et 50 dollars (environ 22 à 44 euros). La version générique coûte elle 4 dollars (3,5 euros), assure M. Matiru. "Avant, peu de gens pouvaient se permettre d'acheter du DTG, car 25 à 50 dollars par mois, c'est énorme en Afrique", dit-il.

La Tanzanie veut construire un barrage sur un site classé de l'Unesco

Le président tanzanien John Magufuli a annoncé son intention d'accélérer la construction d'un barrage hydroélectrique dans l'une des plus grandes réserves d'Afrique, classée au Patrimoine mondial de l'Unesco.

M. Magufuli a demandé à ce que "le barrage soit construit le plus rapidement possible (...) pour que nous puissions produire l'électricité vitale à notre industrialisation", selon un communiqué de la présidence daté de mardi.

La construction de ce barrage dans la réserve du Selous (sud), déjà listée comme un site "en danger" du Patrimoine mondial de l'Unesco, est censée permettre de produire 2.100 mégawatts d'électricité.

Seulement 2 % de la population rurale et 39 % de la population urbaine ont accès à l'électricité en Tanzanie, selon l'ONU.

Des experts envoyés par l'Éthiopie, qui avait achevé de construire l'an passé le plus haut barrage d'Afrique, étaient mercredi en Tanzanie pour évoquer le projet, selon le communiqué de la présidence tanzanienne.

M. Magufuli avait gagné le surnom de "tingatinga" – "bulldozer" en kiswahili – lors de son passage au ministère des Travaux publics, où il avait supervisé plusieurs projets d'ampleur.

Il a été élu président sur la promesse de développer la Tanzanie, de lutter contre la corruption et d'améliorer le niveau de vie des plus pauvres.

Mais depuis son arrivée au pouvoir, il a souvent fait fi des procédures et s'est montré peu disposé à accepter la critique, ce qui lui a valu d'être dénoncé pour des tendances autoritaires et populistes.

L'Unesco a plusieurs fois réclamé l'annulation de ce projet, que l'organisation considère comme "incompatible" avec le statut de site classé au Patrimoine mondial de la réserve.

Le braconnage, l'exploitation minière et le manque de financements sont les autres menaces auxquelles est confronté le Selous, qui couvre 50.000 km2 et abrite une des plus fortes concentrations au monde d'éléphants et de rhinocéros noirs, notamment.

Libye : un groupe armé de Zintan a libéré Seïf al-Islam Kadhafi

Un groupe armé de Zintan a annoncé samedi avoir libéré le fils cadet de l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, Seïf al-Islam. Sa libération a été confirmée par l'un de ses avocats, Khaled al-Zaidi.

Seïf al-Islam est libre depuis le vendredi 9 juin. C'est en tout cas ce qu'a indiqué la "Brigade Abou Bakr al-Sadiq", dans un communiqué publié samedi 10 juin sur Facebook. Cette brigade est l'un des groupes armés qui contrôlent la ville de Zintan, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, où Seïf al-Islam Kadhafi était détenu jusqu'alors.
 
Les groupes armés qui contrôlent Zintan sont opposés au gouvernement libyen d'union nationale (GNA) installé dans la capitale Tripoli et reconnu par la communauté internationale, bien que peinant à étendre son autorité à l'ensemble de ce pays plongé dans le chaos politique.

Somalie : un camp d'entrainement des Shabab détruit

Les forces spéciales somaliennes ont détruit le camp d'entrainement d'Al Shabab à Jouba, dans le centre du pays, a annoncé un communiqué de la présidence somalienne.

"J'ai autorisé tôt ce matin nos forces spéciales, avec le soutien de nos partenaires étrangers à mener des frappes contre le camp d'entrainement d'Al-shabaab, près de Sakow, dans la région de Jouba au centre", a déclaré le président Mohamed Abdullahi Farmajo.

"Ce raid est un succès dans la mesure où il a permis de détruire un centre de commandement et de distribution d'armes des shabaab", poursuit-il.

Selon lui, cette frappe "va assurément perturber la capacité de l'ennemi à mener de nouvelles attaques à l'intérieur de la Somalie".

Le président Farmajo a rappelé qu'il avait promis de faire de la sécurité la priorité absolue pour son administration.

"Ce raid renforcera la sécurité et réduira les menaces d'al-shabaab. Nous avons longtemps souffert des attaques d'al-shabaab qui est soutenu par des réseaux terroristes mondiaux", a souligné M. Farmajo.

Le chef de l'Etat a tout de même précisé que toutes les précautions seront prises pour protéger la population civile lors de ces opérations contre les terroristes.

Des informations font état du décès de Mahad Karate, chef du renseignement de la milice qui aurait été tué durant le raid.

Tchad: le gouvernement parvient à un accord avec le consortium pétrolier à Doba

Le gouvernement tchadien et le consortium pétrolier qui exploite le bassin de Doba se sont entendus, vendredi 9 juin, à N'Djamena, en paraphant un accord qui indique que le Tchad renonce aux poursuites engagées contre le consortium, en octobre 2016, pour non-paiement des taxes, en échange d'investissements pour relancer le secteur.

C'est une réconciliation de raison qui a eu lieu, vendredi soir, à Ndjamena. Après avoir attaqué de front le consortium pétrolier, en octobre dernier, le condamnant à payer une amende record de plus de quatre mille milliards de francs CFA, le Tchad a choisi la voie du dialogue qui a abouti à l'accord.

« Cet accord met un terme à toute poursuite judiciaire contre le consortium, des procédures judiciaires et arbitrales qui sont, de toute façon, longues, fastidieuses et coûteuses », a brièvement expliqué le ministre du Pétrole, maître Béchir Madet.

200 millions de dollars

De bonne source, le consortium devra payer autour de 200 millions de dollars au Trésor public tchadien, non pas pour la condamnation d'octobre 2016, mais pour l'extension de son permis d'exploitation du bassin de Doba, jusqu'en 2050.

D'ici là, le consortium compte développer une technologie dite polymère qui permettra de secouer le sous-sol déjà exploré pour récupérer le pétrole qui n'a pu être extrait jusque-là.

Cameroun: des changements au sein de la magistrature

Au Cameroun, le président Paul Biya vient de publier une série de décrets pour entériner les nominations et les mutations au sein de l'appareil judiciaire. Parmi ces décrets, figure une décision qui ne manque pas de surprendre, celle de la mise à la retraite de Paul Ayah Abine. Opposant, ancien candidat à la présidentielle, il est aussi avocat général auprès de la Cour suprême. Il est détenu depuis quatre mois et demi à Yaoundé. Cette mise à la retraite risque d'avoir des conséquences sur son avenir.

Paul Ayah a été arrêté fin janvier, au plus fort de la crise qui secoue toujours les deux régions, à majorité anglophone, à l'ouest du Cameroun. Quelques jours plus tôt, les leaders de la contestation y avaient été interpellés et internet coupé. Paul Ayah, originaire du Cameroun anglophone, avait pris des positions critiques vis-à-vis du gouvernement.

Cependant et, contrairement aux autres, Paul Ayah n'est pas jugé devant le tribunal militaire et est toujours retenu au secrétariat d'Etat à la Défense. Jusqu'à présent, il a refusé de se soumettre aux interrogatoires, en mettant en avant sa position de haut magistrat et répétant que la procédure n'avait pas été respectée.