Sénégal: adieu Maître-tambour

Le maître-tambour, Doudou Ndiaye Rose, classé par l'Unesco trésor humain vivant, est décédé mercredi à Dakar à l'âge de 85 ans. Il a été inhumé jeudi.

Adulé dans son Sénégal natal et au-delà des frontières, le maître percussionniste sénégalais Doudou Ndiaye Rose, classé par l'Unesco trésor humain vivant, est décédé mercredi à Dakar à l'âge de 85 ans. Tout le Sénégal pleure un digne fils hors-pair. L'artiste est décédé à l'hôpital Aristide Le Dantec, des suites d'un malaise en moins de deux heures.

sn doudou ndiaye rose 12145Doudou Ndiaye Rose

 

Pour Macky Sall, « le Sénégal perd un de ses plus grands ambassadeurs culturels à travers le monde ». Le ministre de la Culture et de la Communication Mbagnick Ndiaye a rendu ''un vibrant hommage'' à Doudou Ndiaye Rose, estimant que le défunt faisait partie ''des trésors humains vivants du Sénégal''.


Ambassadeur culturel du Sénégal

Doudou Ndiaye Rose a été l'animateur principal du bicentenaire de la Révolution française à Paris en 1989. Il a été consacré Trésor humain vivant par l'Unesco.

Avec son tambour en bandoulière, et entouré d'une troupe nombreuse, Doudou Ndiaye Rose a sillonné le monde, avec comme marchandise principale la culture sénégalaise. Il a su ainsi exporter son savoir-faire à travers le monde. Il a gravé son nom un peu partout : au Rwanda, en France, au Japon, au Nigeria...

Une vie d'artiste bien remplie

A ses débuts, l'artiste avait été professeur de rythme à l'Institut national des Arts de Dakar et chef tambour majeur du Ballet national du Sénégal. Il a été en vedette lors des éditions 1966 à Dakar et de 1977 à Lagos du FEMAN (Festival Mondial des Arts Nègres).

C'est en 1981 que son art a pris une nouvelle dimension avec la création du premier groupe de femmes percussionnistes d'Afrique. Sa fille aînée Rose (même nom que sa maman) a été la première initiée suivie de ses filles et belles-filles. Pour honorer sa maman, il a surnommé le groupe ''Les Rosettes''.

L'artiste disparaît après avoir formé des artistes tant au Sénégal qu'en dehors en techniques de percussion.

Ce passionné et féru de tamtam a fait danser ou fait remuer les pieds à plus d'un, tant ses rythmes emportaient. Le monde politique, religieux, culturel voire diplomatique, ne tarit pas d'éloge à son égard.

Hommage unanime de la presse sénégalaise

Le quotidien national, Le Soleil, titre d'emblée : «Décès de Doudou Ndiaye Rose : Le tambour perd son major» tandis que Le Quotidien écrit : «Le tambour perd son major». De son côté, L'As fait état d' «ultime note de Doudou Ndiaye Rose». «Ultime percussion du tambour-major», titre Sud Quotidien. «Le pharaon du rythme s'en va», note Direct-Info. «Un monument s'effondre», dit l'EnQuête

Son décès intervient juste au lendemain de celui de son ami et autre grand percussionniste Vieux Sing Faye, le père du musicien Mbaye Dieye Faye.

Dans une vie bien remplie, Doudou Ndiaye Rose a été père de plus d'une quarantaine d'enfants. « Il ne faut pas attendre ma mort pour me rendre hommage», aurait-il déclaré il n'y a pas longtemps. Apparemment, c'est ce qui est arrivé...