« Much Loved » interdit au Maroc

Le long métrage de Nabil Ayouch continue d'alimenter les débats au Maroc. Le film illustre la prostitution dans les principales villes marocaines : un sujet tabou au Maroc.

« Much Loved » (Zine Li Fik) de Nabil Ayouch ne cesse de soulever une vive polémique au Maroc depuis la décision d'interdiction de sa projection dans son propre fief par les autorités marocaines. Ce long-métrage qui traite de la prostitution au Maroc a été projeté en avant-première au Festival de Cannes, la fuite de cinq extraits du film sur Youtube, auraient suffi à faire interdire le film tout entier. Un de ces extraits a fait plus de deux millions de vues en une semaine !
 
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Le ministère marocain de la communication a ainsi décidé de ne pas autoriser la projection du film au Maroc, soulignant dans un communiqué que le film comporte un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine et constitue une atteinte flagrante à l'image du Maroc. Cette décision fait suite aux conclusions d'une équipe du Centre cinématographique marocain qui a regardé le film lors de sa projection dans le cadre du festival international de Cannes. Certains avancent même la thèse d'une pression de la part du parti islamiste marocain : le (PJD), Parti pour la Justice et le Développement.

Les réseaux s'enflamment

Depuis, les réseaux sociaux se sont enflammés : sur Twitter, un hashtag a été créée pour défendre le réalisateur marocain : #jesuisNabil. Sur Facebook, plusieurs pages ont été créées contre le film, l'une d'elle appelle au boycott du film, et à s'unir "pour l'honneur de la femme marocaine". Certains affirment que le film est irrespectueux envers l'Islam. Une autre page Facebook propose aux visiteurs de signer une pétition pour l'interdiction définitive du film au Maroc.

Les critiques sont allées jusqu'à la menace de mort à l'encontre de Nabil Ayouch, et de l'actrice Loubna Abidar.

Le réalisateur du film s'est dit peiné de cette censure. Il a souligné que la Constitution marocaine de 2011 est claire. L'article 25 énonce que « sont garanties les libertés de pensée, d'opinion et d'expression sous toutes ses formes. Sont garanties les libertés de création, de publication et d'exposition en matière littéraire et artistique et de recherche scientifique et technique ».