« A mon âge je me cache encore pour fumer »

Le film qui a fait sensation auprès du public pour l'audace de ses images et des thèmes qu'il aborde. sera projeté le samedi 7 octobre 2017 dans le cadre du festival du livre Mouans Sartoux.

Malgré sa projection à Paris et dans certaines villes en Europe, le film « A mon âge je me cache encore pour fumer » de la cinéaste franco-algérienne Rayhana reste encore interdit en Algérie. Les images diffusées sur le net ont provoqué beaucoup de réactions négatives. Les Algériens ont été extrêmement choqués, la réalisatrice a surtout osé. Le ministère algérien de la Culture a refusé de lui donner l'autorisation pour sa projection en Algérie, même le festival du film engagé d'Alger a refusé sa sélection.
 
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Aspergée d'essence...
Auteure, dramaturge, comédienne et cinéaste, Rayhana est une artiste féministe engagée. Après le succès de sa pièce de théâtre « A mon âge je me cache encore pour fumer » en 2009, Rayhana décide d'adapter l'œuvre au grand écran. « C'est la productrice Michèle Ray-Gavras, qui a vu la pièce avec son mari. Le réalisateur Costa-Gavras, qui m'a convaincue d'en faire un film,» explique Rayhana. Le film raconte l'histoire de huit femmes dans un hammam en Algérie pendant la période de la décennie noire.
 
L'œuvre cinématographique contient certaines scènes et dialogues qui mettent en exergue sa lutte permanente contre le machisme et l'intégrisme religieux, une prise de position qui lui a valu de nombreuses agressions de la part des islamistes. Il y a sept ans, la pièce a failli lui coûter la vie. Lors d'une représentation nocturne, et à la sortie du spectacle, des extrémistes avaient aspergé Rayhana d'essence et lui avaient jeté une cigarette au visage, heureusement qu'elle n'a pas été blessée. La Franco-Algérienne n'a pas lâché prise. Au contraire, elle a continué à proposer son spectacle : un huis clos dans un hammam d'Alger, en 1995, où des femmes parlent de leur corps, de sexualité mais aussi de religion et d'intégrisme.
 
Tournage en Grèce, par crainte de représailles
Aujourd'hui après l'adaptation du film sur le grand écran, le succès est toujours au rendez-vous. Le film a été tourné en secret dans un hammam en Grèce. « Tourner à Alger aurait mis en danger les comédiennes, » regrette Rayhana. La réalisatrice a été obligée de recruter des actrices algériennes installées en France à l'instar de Biyouna, ainsi que de l'Israélo-Palestinienne Hiam Abbas. Loin du regard accusateur des hommes « l'équipe technique est aussi 100 % féminine, » assure Rayhana. Les actrices sont livrées à l'expression naturelle et directe de leurs corps. Leurs dialogues sont libres et francs. Ils évoquent la religion ou le sexe. qu'il soit d'ordre religieux, ou sexuel.