Vente illicite de l’essence au Bénin : vers une suppression de la contrebande ?

Au Bénin, l’essence frelatée généralement importée illégalement du Nigeria représente plus de 80% du marché des carburants.

L'essence frelatée, communément appelée « kpayo » (mot en langue fon signifiant ''produit frelaté'') est commercialisée par la plupart des jeunes au chômage. Ce commerce de contrebande constitue une source de revenus importante pour ces derniers.
 
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Les conséquences sont souvent très fâcheuses lorsque les produits pétroliers illicites ne sont pas liées à la mauvaise manipulation et l'exposition dus aux mauvaises conditions de stockage.

Cette activité illégale fait perdre beaucoup d'argent à l'Etat béninois en termes de manque à gagner sur la fiscalité car avec le « kpayo », 80% du marché de carburant échappe aux impôts. Ainsi, l'Etat se retrouve dans l'incapacité d'alimenter le Fonds routier car il ne peut être abondé par la Redevance d'Entretien Routier (RER) souvent prélevée sur les produits pétroliers comme cela se fait dans la plupart des pays de la sous-région.

En effet, le « kpayo » est vendu 30% moins cher que l'essence des stations service.

Face à cet état de chose, l'Etat béninois a pris maintes mesures pour enrayer le phénomène mais en vain. Dans bon nombre de cas, les populations ne facilitent pas la tâche aux autorités du moment que ce carburant frelaté leur coûte moins cher. Cette activité constitue aussi un gagne-pain certain pour de nombreux jeunes béninois.

Que tirer de la chute des cours internationaux du pétrole ?

Depuis juin et décembre 2014, il y a eu une forte chute des cours internationaux (-40%). Ce fait pourrait impacter le commerce illicite de l'essence.

En effet, le gouvernement Nigérian a annoncé une baisse des subventions sur le carburant pour la période de 2015-2017 suite à la baisse des cours du pétrole à l'international.

Ainsi, cette baisse des subventions pourrait rendre moins consommable le « kpayo ». Le prix de l'essence dans les stations services sera même plus stable en fonction de l'évolution du cours international du pétrole. Ceci est une chance pour le gouvernement du Bénin de relancer sa lutte contre la contrebande.

D'autres mesures s'imposent

Pour lutter contre le trafic du «kpayo », le gouvernement a besoin de s'y prendre avec du tact pour que les différents acteurs y gagnent.

Pour ce faire, il faut penser à la reconversion de ces jeunes diplômés sans emploi afin qu'ils quittent l'informel.

Ils sont nombreux à penser reconversion des jeunes dans d'autres activités ou en incorporant ces vendeurs jeunes dans des réseaux formels de distribution de carburant.

Aussi faudra-t-il revoir à la baisse les taxes sur les produits pétroliers. Ainsi, selon des analystes, la demande de l'essence à la pompe pourrait grimper favorisant ainsi une compensation des revenus fiscaux perdus.