Niger : Le train a sifflé à Niamey

Attendu depuis près de 80 ans, le train a finalement sifflé dans la capitale avec l’inauguration du tronçon Dosso-Niamey.

C'est désormais chose faite. Le train a sifflé à Niamey. En provenance de Dosso, situé à environ 140 km de Niamey, le train, avec à son bord le premier ministre Brigi Rafini et plusieurs autres personnalités s'est arrêté à l'entrée de la capitale pour embarquer le président de la République Issoufou Mahamadou. Le train a fait son entrée à Niamey où il a été accueilli par plusieurs personnalités ainsi qu'un public venu nombreux.
 
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Pour les autorités nigériennes, c'est un mythe qui devient réalité, en ce sens que le projet de la voie ferrée remonte à la période coloniale. 700 milliards de francs CFA, soit 142 millions d'euros, ont a été investis pour la réalisation de ce tronçon qui suscite de l'intérêt de la part de l'ensemble des pays concernés par la boucle ferroviaire. Le projet permettra également de créer 3000 emplois.

Les travaux de la voie ferrée lancés le 7 avril 2014 par le président Issoufou Mahamadou ont été réalisés par le groupe Bolloré. Ce tronçon de chemin de fer rentre dans le cadre de la boucle ferroviaire longue de 2700 km et qui devrait à terme relier Cotonou-Parakou-Dosso-Niamey-Ouagadougou-Abidjan. Mais il s'est arrêté au niveau de la ville béninoise de Parakou. Il reste désormais pour le Niger à réaliser 444 km de rails qui séparent Parakou à Dosso, Niamey-Dori au Burkina Faso et Zinder (ouest) à Kano au Nigeria.
 
Désenclaver le Sahel

La boucle ferroviaire permettra de désenclaver le Sahel. La ligne Dosso-Niamey est d'une importance capitale pour le développement du Niger. Dans un premier temps, le train transportera des passagers. Par la suite, il transportera des marchandises, selon le représentant du groupe Bolloré, Michel Roussin. Pour le président nigérien qui a su convaincre ses homologues de la sous-région de la nécessité de réaliser un chantier, c'est tout simplement un jour historique pour le Niger, car « il n'y a pas de développement sans rails, » souligne-t-il dans une déclaration à la presse. « C'est conscient de cette vérité que nous avons inscrit dans le Programme de Renaissance le Projet de réalisation du rail au Niger. »

Selon le président Issoufou Mahamadou, c'est une lacune qui vient d'être comblée en permettant au Niger d'avoir son premier rail. « Le Niger, a-t-il ajouté, est le seul pays de l'Afrique de l'ouest à ne pas avoir jusqu'ici, ne serait-ce qu'un mètre de voie ferrée, » a dit le président de la République qui n'a pas manqué de saluer « la performance du groupe Bolloré avec lequel le Niger et le Benin ont mis en place un partenariat public privé en vue de la réalisation du chemin de fer entre Cotonou et Niamey. »

Pour rappel, les premiers ministres nigérien et béninois ainsi que le représentant du groupe Bolloré au Niger ont conjointement signé en août 2015 des conventions de concession d'exploitation et de construction des infrastructures du chemin de fer Niamey-Cotonou.

Les travaux de Bolloré arrêtés sur le tronçon Cotonou-Niamey 
 
En effet, un accord entre les deux pays a été signé à Niamey sur la concession ferroviaire pour la réhabilitation, la construction des voies ferrées Cotonou-Dosso-Niamey ainsi que la gestion de ce réseau. Cet accord signé en 2010 a permis à la société PETROLIN, adjudicateur du marché de continuer son travail sur le réseau ferroviaire Bénin-Niger. Mais la convention pétrolière ne sera jamais signée. Toutefois, les présidents des deux pays ont décidé en 2013 de créer avec le groupe Bolloré comme partenaire stratégique, une multinationale dont 40% des parts pour Bolloré, 10% pour le Niger, 10% pour le Bénin et 20% pour les privés des deux pays.

C'est dans ce sens que Bolloré a entrepris les travaux, soutenus par la volonté des deux présidents, notamment nigérien de voir réaliser ce projet avant l'entame d'un éventuel second mandat. Mais PETROLIN va saisir la justice de Cotonou qui lui a donné raison en appel, après avoir été débouté à la première instance. Ainsi, avec cette décision, le groupe Bolloré a arrêté les travaux sur le tronçon Cotonou-Niamey.