Mauritanie: le marché du poulpe contrôlé par des proches du pouvoir

L’opposition interpelle les autorités au sujet de l’attribution de 9 licences de pêche de poulpes à plusieurs personnes considérées proches du président mauritanien.

Les députés européens ont validé le 11 mai 2016 à Strasbourg un nouvel accord de pêche avec la Mauritanie qui consacre l'exclusivité de la pêche aux poulpes aux Mauritaniens. Une disposition qui a fait grincer des dents du coté européen.

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Certains eurodéputés sont même allés jusqu'à accuser la Mauritanie de privilégier un accord avec une entreprise chinoise.

Le président de la confédération africaine des organisations de pèche artisanale, Sid Ahmed ould Abeid a souligné lors de la conclusion de cet accord historique que le poulpe revient aux Mauritaniens et que seuls les Mauritaniens ont le droit d'exploiter cette ressource.

Abus de pouvoir

Seulement voilà qu'après quelques mois, on assiste à une certaine grogne entre le pouvoir et l'opposition. Plusieurs licences de pêche ont été accordées à des personnalités proches des dirigeants mauritaniens. Moussa Fall, membre du Forum national pour la démocratie et l'unité (FNDU), vaste coalition de l'opposition et de la société civile, affirment que les neuf bénéficiaires des licences sont presque tous des proches du président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, du premier ministre et de plusieurs officiers supérieurs de l'armée mauritanienne.

Moussa Fall remet surtout en cause la procédure d'attribution des licences de pêche de poulpe qui n'est pas faite dans les règles de l'art. D'ailleurs, il cite l'affaire de distribution de licences de pêche donnant accès à plus de 9.000 tonnes de poulpe , où les prix de la tonne de poulpes tournent autour de 7.000 dollars sur le marché international pour des autorisations achetées à l'Etat ne dépassant pas les 300 dollars.

Une pratique qui représente un danger pour la Société mauritanienne de commercialisation de poissons (SMCP) et pour les ressources halieutiques mauritaniennes. Selon lui, le gouvernement devrait organiser en toute transparence une procédure d'appel d'offres ouverte aux entreprises et aux personnes physiques répondant à certains critères spécifiques.