Gabon : état des lieux du FMI

Un état des lieux de l'évolution de la situation économique du Gabon dressé par une mission du Fonds monétaire international (FMI) fait état d'une baisse de la croissance à 1% sur le court terme.

«A partir de 2014, la chute des cours internationaux du pétrole est allée de pair avec un ralentissement de l'activité économique, un net repli des exportations de pétrole et des recettes budgétaires et une détérioration de la balance des paiements», fait remarquer Alex Segura-Ubiergo, un membre de la mission du FMI présente au Gabon. Depuis lors, la situation n'a pas vraiment changé. En 2016, la croissance économique du Gabon se chiffre à 2,3 % son déclin à débuter depuis 2015 alors que la croissance moyenne était de 5 %. « Le secteur pétrolier a bénéficié du redressement des prix énergétiques par rapport aux faibles niveaux enregistrés début 2016, » explique le responsable du FMI, mais cela n'a pas permis d'envisager l'avenir avec sérénité même si la résilience dans les filières de bois, l'agro-industrie et le manganèse commence à se ressentir.

Régis Immongault ministre gabonais de lEconomie d635e                                         (Au centre) Régis Immongault, ministre gabonais de l'Economie

A court terme, le FMI ne s'attend pas à grand changement de l'économie gabonaise. La croissance devrait prolonger à 1 % du PIB. En effet, les données préliminaires montrent que la croissance des industries extractives du Gabon a dopé les exportations de 38 % (en glissement annuel) fin juin, tandis que les importations ont reculé de 21 %. Dans le même temps décrypte le FMI, « le secteur du commerce et les services sont en récession et les dépôts bancaires et le crédit à l'économie ont diminué. »

Issue selon le FMI
Pour contrer les effets indésirables de telles perspectives, le FMI invite l'Etat gabonais à accentuer la mobilisation des recettes non pétrolières. «Une plus grande mobilisation des recettes devrait aider à protéger les programmes essentiels de santé, d'éducation et de protection sociale en faveur des couches de la population démunie,» soutient la mission.

Réformes structurelles
Si le FMI reconnait les avancés enregistrés dans les réformes structurelles, l'organisme par la voie de sa mission invite par la même occasion, l'Etat à adopter de nouvelles procédures de dépenses et de contrôle. «Des réformes additionnelles pour accroître l'efficience et la transparence des dépenses publiques, » note la mission. Par ailleurs, «la mise en œuvre énergique des plans d'apurement des arriérés de l'Etat sera également vitale soutien la mission, pour accroître la résilience du secteur financier. Dans le même temps, les réformes destinées à améliorer les affaires en appui à la stratégie de diversification devraient également être menées avec vigueur. Car, elles offrent la possibilité de hisser la croissance vers les 5 % à moyen terme,» a conclu Alex Segura-Ubiergo.

Les 642 millions de dollars, une garantie substantielle
L'analyse de la mission du FMI intervient quelques semaines après que l'institution ait donné son feu vert pour le décaissement d'une enveloppe de 642 millions de dollars au titre du mécanisme élargie de crédit (MEDC) destiné à accompagner le Gabon dans la relance de son économie sur une période de trois ans. « L'accord triennal au titre du mécanisme élargi de crédit aidera à ancrer des politiques budgétaires prudentes et une situation de balance des paiements viable. À court terme les risques baissiers sont certes considérables, mais les autorités ont présenté un ensemble adéquat de mesures pour gérer les risques. À moyen terme, les perspectives économiques demeurent positives, pour autant que les politiques envisagées dans le cadre du programme appuyé par le FMI soient rigoureusement mises en œuvre », souligne le FMI dans un communiqué.

De fait, le prêt dont une infime partie a été libéré au Gabon répond pleinement aux nouvelles orientations de la mission du FMI en direction de la gouvernance gabonaise puisque comme ces orientations, le prêt doit aider le Gabon à assoir sa stabilité financière et réduire la vulnérabilité de ses finances publiques donc, agir sur le financement de l'économie nationale.