Burundi : pollution du lac Tanganyika

Les déchets des usines polluent le lac Tanganyika. La pêche devient
difficile. Les autorités menacent de sanctionner les pollueurs.

Le Lac Tanganyika est le deuxième lac le plus profond, après le lac Baïkal en Russie. Il s'étend sur 32 000 km2 Ses eaux sont partagées par 4 pays : le Burundi, la RD Congo, la Tanzanie et la Zambie. C'est dans ce lac situé à l'ouest du Burundi, que les citadins s'approvisionnent en eau potable après traitement par la Regideso. C'est également dans ce lac que le mukeke, poisson le plus connu des grands Lacs est pêché.
 
Burundi TANGA 3 Fotor 46047

Jadis bleu sur tout son étendue, le lac Tanganyika, dans sa partie située du côté dit « Kumase » (fumier) dans le quartier industriel en zone urbaine de Ngagara est le plus pollué. Aujourd'hui, ces eaux sont noires, jaunes et vertes et d'une odeur suffocante dans cette partie.
 
Des sources de pollution
Ces eaux multicolores proviennent des usines et industries installées non loin du lac Tanganyika notamment Afritan (fabrication des peaux) et Sinobu (fabrication du cuir). La plupart des industries burundaises se concentrent non loin du lac Tanganyika et le système de traitement préalable de l'eau est absent. Emmanuel Ndorimana directeur des ressources en eaux et assainissement au ministère burundais de l'Environnement précise que ces industries ne se sont pas encore raccordés au système de canalisation des eaux usées.
 
Burundi TANGA 1 Fotor 73352
 
La pêche entravée
Paul Nzeyimana, un pêcheur rencontré à l'endroit le plus pollué, regrette l'activité des usines. Elle l'empêche, lui et ses compagnons de travailler. Les pêcheurs sont aujourd'hui obligés de chercher du poisson à plusieurs mètres des rives. « Le peu de poissons qui s'approche meurt à cause des acides, indique Paul envoyé par des usines. » Il demande que les usines traitent d'abord leurs eaux avant de les déverser dans le lac.
 
Des mesures sévères
La pollution du lac a été à l'origine d'une visite récemment du deuxième vice-président du Burundi à l'endroit le plus pollué. L'ingénieur Joseph Butore a demandé que les textes légaux soient appliqués avec rigueur en matière de protection de l'environnement et du lac en particulier. Appel vite entendu. Le ministère de l'Environnement a ordonné l'arrêt de toute activité de pollution de la part des usines et industries.
L'eau utilisée dans la capitale Bujumbure est aujourd'hui captée à 3,5 km vers la RDCongo alors qu'elle était captée à 800 m seulement avant la pollution du lac Tanganyika.