Niger : boutiques closes au grand marché de Niamey

A l'appel des délégués des commerçants, les boutiques du grand marché de Niamey sont restées fermées le 11 septembre 2017. Un mot d'ordre bien respecté

C'est un silence de cimetière qui a régné toute la journée du lundi 11 septembre 2017, dans l'enceinte du grand marché de Niamey, situé en plein cœur de la capitale. Le centre commercial généralement grouillant de monde est resté vide, à part les quelques commerçants ambulants qui déambulaient aux alentours. A l'origine, un appel à manifestation du syndicat des commerçants du grand marché de 24 heures, afin de protester contre l'augmentation à plus de 500 % des frais de location des boutiques. « Nous protestons contre une augmentation qui dépasse les 600 %, du jamais vu », s'offusque Mamane Issa, secrétaire général du syndicat des commerçants du grand marché de Niamey.
 
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Sur conseil d'un expert-comptable commis par la société de commerce et de gestion des marchés (SOCOGEM), les prix de location des boutiques sont désormais déterminés par mètre carré. Ainsi, le loyer d'une boutique de la catégorie A (8 mètres carrés), fixé à 6320 FCFA depuis 1987 est passé à 40 000 FCFA. Le prix du mètre carré étant fixé à 5000 FCFA. « C'est vraiment une augmentation vertigineuse », dénonce Chaibou Tchombiano, secrétaire général du syndicat des commerçants importateurs, exportateurs et grossistes du Niger. « Aucune raison n'a été avancée pour justifier l'augmentation des loyers », ajoute-t-il.
 
Une décision de justice comme alibi
« Vous ne pouvez pas unilatéralement décider de l'augmentation d'un tarif de location sans informer les occupants », regrette Chaibou Tchombiano, qui souligne qu'il devrait même avoir un amortissement par rapport aux frais de location. L'administration de la SOCOGEM met en avant une décision de justice pour soutenir sa décision. En effet, ayant pris connaissance des résultats des travaux de l'expert-comptable, les commerçants ont décidé d'attaquer la décision en justice qui a tranché en faveur de la SOCOGEM. « C'est une affaire judiciaire. Le verdict est tombé, nous n'avons pas de commentaires à faire », se défend le directeur technique de la société.
 
Unité
Mais pour les commerçants, il n'y a aucun doute que cette augmentation se justifie par les difficultés financières que rencontre la SOCOGEM. « Nous ne sommes pas responsables des problèmes financiers que connait la SOCOGEM », déclare le secrétaire général du syndicat des commerçants du grand marché. « Si la SOCOGEM a des difficultés de gestion financière, elle doit réunir tous les actionnaires dont certains commerçants du grand marché pour trouver une solution consensuelle. Mais cela n'a pas été fait », se désole Chaibou Tchombiano. Pour cette manifestation de colère, les commerçants du grand marché de Niamey, souvent divisés lors des mots d'ordre de leur syndicat à cause de leur coloration politique, sont restés soudés et engagés contre la décision de l'administration du grand marché. Un engagement qui a obligé la SOCOGEM à ouvrir des négociations avec les commerçants.