Gabon : dégradation de la note de la dette souveraine à « B »

Les perspectives de la dette souveraine du Gabon sont négatives. De « B+ », l’agence de notation Fitch Ratings l’évalue désormais à « B ».

En 2016, selon une analyse de l'agence de notation Fitch Ratings, les incertitudes étaient déjà multiples sur l'horizon de l'économie gabonaise, notamment de sa dette. La dette publique devrait atteindre 48 % du PIB à la fin de l'année et culminer à 50 % en 2018. « La forte contraction du PIB nominal en raison de la baisse des prix du pétrole, ont contribué à deux tiers à la hausse de la dette par rapport au PIB depuis 2014, » soutenait l'agence. Du fait des tensions qui ont succédé la réélection contestée du président sortant Ali Bongo Ondimba, l'avenir était donc incertain et le Gabon figurait de ce fait, dans « la catégorie des pays dans lesquels il n'est pas conseillé d'investir. »

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Un an après, l'hécatombe se poursuit. De « B+ » il y a quelques mois, la note de la dette souveraine du Gabon plafonne désormais autour de « B » assortie des perspectives négatives. « La vive détérioration des comptes budgétaires et extérieurs du pays, l'accumulation d'importants arriérés intérieurs, comme extérieurs, ainsi que le gonflement de la dette publique, » lié à la dégradation du marché local du pétrole depuis 2014 dans lequel le Gabon tire 60 % de ses recettes fiscales explique, selon Fitch Ratings, cette chute.

Durant les prochains mois, la situation devrait cependant se corser estime l'agence. La croissance ne devrait à cet effet, pas dépasser 0,8 % cette année si le déclin du secteur pétrolier persiste. Pour sortir de cette impasse le Gabon a intérêt à mener à bien les réformes entreprises avec le FMI.

Issue de sauvetage selon Fitch Ratings

Le prêt triennal d'un montant de plus de 350 milliards de francs CFA accordé en juin dernier par le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre d'un programme d'aide économique orienté vers les pays en difficultés comme le Gabon doit en réalité permettre de sauver la mise en garantissant un rééquilibre de « la trésorerie » et « soutenir les réformes » lancées dans le cadre du Plan de relance économique (PRE). Cette perspective est cependant sous-condition d'une application rigoureuse des orientations de l'organisme international.

En effet, estime l'agence, la perspective d'une dégradation supplémentaire de la note du Gabon pourrait en outre refléter « les risques de non-application des conditions du programme du FMI qui pourraient entraîner un retard dans le versement de son aide ». La seule manière pour le pays d'évite cette échappée est sans équivoque de respecter ses engagements, en solvant notamment ses arriérés de paiement, comme le remboursement de la TVA ou le paiement des fournisseurs.

Evolution de l'économie gabonaise

Dans les milieux financiers locaux, cette notation ne fait pas l'unanimité. Des analystes considèrent que l'évaluation de la situation de la dette locale du Gabon par Fitch Ratings omet de prendre en compte certains aspects liés aux efforts consentis par le Gabon auprès du FMI et ses partenaires internationaux pour rééquilibrer son économie (PRE) et répondre de ce fait, à ses engagements immédiats comme la dette auprès des bailleurs de fonds nationaux et internationaux. Au vu de ces éléments, l'agence, considère un analyste, devrait « au moins attendre la fin de l'année 2017 pour voir si le Gabon ne respecte pas ses engagements ».

Selon le même analyste, « la dégradation de la notation souveraine du Gabon ne reflète pas l'évolution de l'économie du pays et les efforts d'accélération des réformes structurelles saluées par le FMI et la Banque mondiale ». De même ajoute-t-il, « la forte demande des investisseurs internationaux pour l'émission gabonaise d'août 2017 à des conditions favorables est une parfaite illustration de la confiance de la communauté internationale dans les réformes entreprises par le Gabon ».