Tchad: tollé général après la hausse des prix des carburants

Dans un communiqué de presse, l'Association de défense des consommateurs (ADC) est montée au créneau pour dénoncer "une mesure antisociale

Jeudi 4 janvier 2018, en application de la nouvelle loi de finances 2018 au profit du Trésor public, le ministre tchadien du Pétrole, Béchir Madet, a relevé par une note circulaire les prix pratiqués sur les hydrocarbures. Ainsi, l'essence super et le gasoil, vendus respectivement à 523 francs CFA et 568 francs CFA le litre, subissent une hausse de 8,9% et 3,8%. Même le gaz butane n'échappe pas à la flambée: la bouteille de 6 kg vaut désormais 4.000 francs CFA, contre 3.000 francs CFA auparavant. La mesure est immédiatement appliquée le lendemain matin dans les différentes stations-services du pays, créant le désarroi général des clients.
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Dans un communiqué de presse publié le 08 janvier 2018, l'Association de défense des consommateurs (ADC) est montée au créneau pour dénoncer "une mesure antisociale [qui] ne répond à aucune théorie ou réalité économique". Elle demande au gouvernement de négocier une baisse du prix de cession de la Société de raffinage de N'Djamena (SRN) qui est resté figé depuis des années: 80 dollars le baril.
 
Chez les transporteurs, c'est aussi la colère et l'incompréhension. Réunies lundi dans la capitale, les patrons des associations, coopératives des transports communs, urbains et interurbain du Tchad décident de lancer un préavis de grève de trois jours. "C'est pour la quatrième fois de suite qu'il [le gouvernement, Ndlr] décide d'augmenter sans consulter ses partenaires", déplore Ali Daoud, président de la coopérative des taximen de N'Djamena.
 
Le préavis des transporteurs finit ce mercredi 10 janvier 2018. Si rien n'est fait au cours de la journée, ils menacent de garer tous les taxis, les véhicules des agences de voyages et même les gros porteurs qui vont au Cameroun et au Nigeria. "Nous n'avons pas d'autre moyen pour revendiquer nos droits. Déjà le transport coûte cher et la population se plaint. Ce n'est pas dans la rue que nous aurons gain de cause, mais en garant nos véhicules et en restant chez nous", explique Dallou Kaoré, vice-président du Syndicat national des associations des transporteurs du Tchad (SYNAT). Cette flambée des prix des hydrocarbures intervient alors que le Tchad fait face à une grave crise financière et économique depuis plus de deux ans.
 
Pour atténuer le choc, le gouvernement mène une politique d'austérité dont l'une des dernières mesures consiste à appliquer des abattements sur les salaires des agents publics. Une décision très mal accueillie par tous les syndicats qui promettent de tout faire pour faire respecter les droits acquis des travailleurs. Les jours qui suivent seront mouvementés sur le front social.