Gabon: Postebank en quête de 61 milliards de francs CFA

Postebank, en quête 61 milliards de francs CFA. Les politiques de redressement menées depuis un an sont inefficaces devant l'ampleur de la crise que vit la société.

Postebank, l'établissement de microfinance, filiale de la Poste SA, un an après le déclenchement de la crise financière qui a affecté son activité, vit encore au rythme des tensions de trésorerie. La sortie récente du comité politique technique créé dans l'optique de trouver un palliatif à la crise que traverse l'EMF indique que l'établissement a besoin de 61 milliards de francs CFA pour résoudre des problèmes d'ordre financier et opérationnel.

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Cette somme, conséquente pour une EMF permettra à l'établissement de mettre en application son plan de redressement qui a été transmis au gouvernement. Pour les responsables de la structure, il n'y a que l'Etat qui peut sortir la Postebank du gouffre financier. « Effectivement, nous avons des problèmes de liquidité qui ne peuvent trouver leur solution que si l'Etat met à notre disposition toutes les ressources financières dont on a besoin. Tous les dépôts que les clients ont faits à Postebank au soir du 15 octobre n'étaient plus disponibles en terme de trésorerie. Il n'y a qu'un apport nouveau de trésorerie qui peut permettre à Postbank de servir sa clientèle », a expliqué Ngomo Ndoutoume Alain, membre du comité technique.


Si le plan parait lourd à supporter, pour les responsables, c'est la seule issue de sortie de crise. Et cela appelle à une responsabilité de la part du nouveau gouvernement qui doit trouver dans l'urgence des mesures palliatives. Le nouveau plan répond justement à ce souci de sécurisation des agences de l'établissement dispersées à travers le pays.

Un an de crise

C'est en octobre 2015 que la crise de la Postebank a commencé. Aujourd'hui, cela fait un an que la situation persiste et aucune issue de sortie pertinente. La crise selon Michael Adandé, alors nommé président directeur général en remplacement d'Alfred Mabicka Mouyama, était due à de multiples causes dont les malversations financières, l'établissement de comptes fictifs, des transactions douteuses et des charges trop élevées pour un petit groupe. Entre 2012 et 2014, l'analyse effectuée par le nouveau PDG fait état d'un détournement de 22 milliards de francs CFA. Des responsables aux simples employés, tout le monde était impliqué.

« Le groupe de la Poste SA a une architecture trop lourde au regard des recettes escomptées. Ce groupe est constitué de cinq filiales, générant ainsi des charges de structures trop élevées. Elles étaient couvertes en partie par les dépôts de la clientèle, » expliquait Michael Adandé. Pour ce dernier, il faut 142 milliards de francs CFA pour sauver l'établissement. Cette somme sera difficile à trouver.

Venant en aide à l'EMF, l'Etat débloque alors quelques 75 milliards de francs CFA qui se présenteront insuffisant et qui seront très vite affectés au paiement de la clientèle. Entre octobre 2015 et octobre 2016, la Postebank n'a fait que subsister. Aujourd'hui, le portefeuille clients de l'établissement s'est largement rétréci. La confiance a disparu et les jours de la banque semblent certainement comptés.