Les employés nigériens de la CNPC NP en colère

Le torchon brûle entre le personnel nigérien et la direction de la CNPC NP, société chinoise exploitant le pétrole au Niger. Les délégués demandent le départ du PDG.

Les personnels nigériens travaillant au sein de la société chinoise la CNPC NP exploitant le pétrole du bloc d'Agadem, le seul site mis en exploitation depuis 2011 sont en colère. A l'appel de leurs délégués, ils ont entamé mardi, 15 novembre une grève de 48 heures, qui, selon eux a été largement suivie.

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A travers ce deuxième arrêt de travail observé en l'espace d'une semaine, les travailleurs nigériens de la CNPC NP exigent entre autres, le « départ sans condition du PDG » de la société, « l'adoption du statut personnel et la révision du règlement intérieur, l'élaboration d'une grille salariale répondant aux normes internationales des sociétés pétrolières et le respect strict par la CNPC NP du protocole d'accord » signé le 8 mai 2014 entre les deux parties. Ce protocole, faut-il le souligner, contient un point relatif au paiement du 13e mois de salaire aux employés.

En outre, les travailleurs nigériens réclament « un audit financier pour l'identification des postes à risques et les primes à allouer aux employés de la société conformément aux autres sociétés pétrolières de la sous-région, le respect strict de la réglementation du travail conformément au code de travail au Niger ainsi qu'à la convention collective interpersonnelle et la ''nigérisation'' de certains postes occupés actuellement par les expatriés, que les Nigériens pouvaient valablement occuper.

Discrimination entre Chinois et Nigériens

En observant cette grève, les travailleurs nigériens dénoncent surtout les formes de discriminations salariales entre eux et les expatriés chinois. A titre d'exemple, le délégué du personnel nigérien de la CNPC NP, Ibrah AbdoulKarim explique que pour « 250 employés nigériens, la CNPC paie un salaire mensuel de 113 millions de F CFA, alors que pour seulement 56 employés chinois, soit le quart des employés nigériens, il est payé 388 millions de francs CFA par mois. En d'autres termes, un Chinois vaut à peu près 20 Nigériens. »

Mais les responsables de la CNPC NP « continuent à dire que la situation financière de la société est critique et que le coût du baril étant bas, ils ne peuvent s'engager à aucune promesse financière, » ajoute Ibrah Abdoulkarim. « Alors, « pourquoi nous avons quitté un bâtiment qui nous coûtait 450 millions l'année pour nous amener dans un bâtiment où l'année nous fait deux milliards ? » se demande-t-il.

Il faut dire qu'avec la construction de l'hôtel Soluxe international, toutes les entreprises chinoises ont pris leur quartier général dans ce bâtiment qu'ils louent.

Le personnel nigérien a déposé sa plateforme revendicative depuis le 1er septembre 2016. Mais depuis, aucune tentative de négociation, à part des tentatives d'intimidation à l'endroit des délégués du personnel. « Personne ne nous a appelé à nous asseoir sur une table de négociation », regrette Ibrah Abdoul Karim. La CNPC NP a surtout tenté de bloquer le mouvement de grève en assignant en justice le préavis le 11 novembre. « La CNPC a été déboutée et nous sommes autorisés à aller en grève », se réjouit-il.

Ainsi, tout en dénonçant le silence « assourdissant de la direction générale de la CNPC, du ministère en charge du Pétrole et de la direction générale des Hydrocarbures face à leurs légitimes revendications », le collectif exige l'arrêt immédiat des menaces qui sont proférées à leur égard.