Les défis des opérateurs économiques burundais

La crise politique de 2015 a une grande incidence sur la vie économique du pays. Pour les investisseurs les défis à relever sont énormes au Burundi.

Le Burundi fait partie de nombreux blocs régionaux, notamment du marché de la Communauté Est-Africaine (EAC) et du marché commun des Etats de l'Afrique Australe (COMESA), dans lesquels il peut écouler sa production. Aujourd'hui la balance commerciale est déficitaire.

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Les principales cultures d'exportation au Burundi sont traditionnellement le café, le thé et le coton. Aujourd'hui, le Burundi diversifie les cultures pour essayer de tirer les recettes en devises lui permettant d'importer les matières premières, en témoignent les industries agro-alimentaires qui se multiplient.

Effets de la crise politique de 2015

Eclatée depuis fin avril 2015, cette crise a touché le secteur économique. Certains investisseurs ont migré vers les pays voisins, d'autres ont suspendu leurs activités. Ceux qui ont continué tant bien que mal ont une des problèmes liés à la dépréciation de la monnaie burundaise. Le point culminant a été la suspension en mars 2016 de l'aide directe au gouvernement burundais par l'Union Européenne. Cela a conduit la banque centrale à exiger à toute organisation non gouvernementale locale ou étrangère à ouvrir des comptes en devises dans la banque des banques. Une nouvelle organisation qui a handicapé les activités d ces organisations qui opéraient avec les banques commerciales.

Quid des exportations

Au cours d'une rencontre mercredi entre l'Agence burundaise de promotion des investissements (API) et une quarantaine d'opérateurs économiques, la problématique soulevée, est celle liée au manque de devises. Janvier Ndayishimiye responsable de la société Rugofarm opérant en province Cibitoke a l'ouest du Burundi et qui exporte les dérivés d'une plante appelée patchouli, parle d'un taux élevé pratiqué par la Banque centrale avoisinant 23 %. Il rappelle que ce défi a poussé la première industrie de brassage de boisson au pays, Brarudi a diminué son personnel et à délaisser certaines boissons faute de ces devises pour importer les matières premières.

Production sana courant électrique ?

Selon Didace Ngendakumana, directeur général de l'API, il faut diversifier les produits d'exportation vers les marchés communs de la sous-région, un cadre légale protège les investisseurs dans ces blocs régionaux renchérit-il. Il estime que l'augmentation de la production et son exportation sont les seules conditions de faire entrer ces devises.

D'après un délégué de la Banque centrale, ces investisseurs doivent savoir que le peu de devises disponibles sert à importer les produits vitaux pour le pays dont le pétrole, les médicaments et les semences. De son côté l'ambassadeur Gasunzu Pascal, exportateur potentiel, situe le grand problème au niveau du déficit énergétique malgré les promesses de Bujumbura de construire des barrages hydroélectriques.