Bourse : la BVMAC réorientée vers Douala

Sujet de controverse entre le Gabon et le Cameroun, le siège de la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (BVMAC) est désormais à Douala au lieu de Libreville.

Plus d'une dizaine d'année, c'est le temps qu'il aura fallu aux chefs d'Etat de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cemac) pour régler définitivement la question de la localisation géographique du siège de la BVMAC, alors que le Cameroun s'est constamment opposé à sa présence à Libreville. La guerre des positions entre le Gabon et le Cameroun est donc désormais terminée. Les chefs d'Etats de la Cemac, récemment réunis à N'Djamena au Tchad dans le cadre d'un sommet ont décidé de diriger le siège de l'institution sous-régionale, alors au Gabon vers Douala.
 
Bourse Valeur 71285
 
En plus donc de disposer d'une bourse locale, la Douala stock exchange (DSX), le Cameroun abritera aussi la BVMAC. Pour l'heure rien ne mentionne une quelconque fusion de ces deux entités boursières, mais cette réorientation selon des observateurs, a été motivé par le poids économique du Cameroun, dont le jeu de la DSX dans le marché boursier sous-régional, a largement prouvé les capacités du Cameroun à faire fonctionner le marché des titres et actions sur son territoire.
 
Affranchissement économique ?
Même si Libreville conserve le siège du régulateur du marché financier sous-régional, cette affectation du siège de la BVMAC offre au Cameroun une garantie de leadership presqu'absolue. Avoir les locaux de la bourse commune régionale sur son territoire est un vieux rêve pour le Cameroun qui a été au fil des années à l'origine de tensions avec le Gabon.
 
Qu'à cela ne tienne, il ne pouvait en être autrement. En plus de dix ans d'hébergement du siège de la seule place boursière sous-régionale, Libreville n'a pas su booster les activités de la BVMAC. Ce qui explique le bilan mitigé de la bourse avec la plus faible capitalisation boursière d'Afrique.
 
En effet, après sa création au début des années 2000, il aura fallu attendre cinq ans pour voir la BVMAC mener sa première opération de cotation. Ainsi donc, la BVMAC compte à ce jour, une seule entreprise cotée pour quelques titres émis. Un bilan moins reluisant lorsqu'on compare avec les autres places boursières du continent qui totalisent de dizaines d'entreprises cotées. Cette faiblesse de fonctionnement explique peut-être en partie, l'essoufflement de l'économie sous-régionale du fait d'un marché financier peu attractif. Un nouveau souffle économique pointe peut-être à l'horizon pour la seule sous-région d'Afrique en panne de fonctionnement.