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vendredi 22 juin 2018

Philippe Bohn, DG d’Air Sénégal: « les avions sont prêts »

L’ancien « Monsieur Afrique » d’EADS (Airbus Group) fait part, ici, de son « ambition de construire une compagnie nationale solide, sûre et qui gagne rapidement la confiance des clients. »

Alors que le premier avion de la compagnie Air Sénégal SA n’a pas encore décollé, le chef de l’État sénégalais Macky Sall vient de nommer un nouveau directeur général français aux commandes en remplacement de Mamadou Lamine Sow devenu Président du Conseil d’administration de la Compagnie. Avec la nomination de cet ancien « Monsieur Afrique » d’EADS (Airbus Group), Philippe Bohn, Air Sénégal SA opère un changement de cap dans la direction de ses activités, en prélude de l’inauguration du nouvel aéroport du pays le 07 décembre prochain. Le président Macky Sall a misé sur le carnet d’adresses du très réseauté Philippe Bohn (son téléphone compterait aujourd’hui 36 numéros de portables de chefs d’état) et son expérience pour lancer la compagnie aérienne nationale. Il fait largement part, ici, de son « ambition de construire une compagnie nationale solide, sûre et qui gagne rapidement la confiance des clients. »

Comment en êtes-vous arrivé à diriger Air Sénégal SA?
Je n’avais jamais pensé venir au Sénégal pour prendre la direction d’une compagnie aérienne, à fortiori celle nationale. Il m’a été proposé de venir participer à cette aventure. Deux éléments m’ont poussé à accepter. D’abord, il y a un gouvernement déterminé dans la construction d’une ambition pour le Sénégal, incarné par Macky Sall. Ensuite, il y’a une grande vision avec des capacités à intégrer des problématiques complexes, y compris dans le domaine technique.

Vous vous êtes donné trois mois pour élaborer le plan de vol stratégique d’Air Sénégal SA. Quelles en sont les grandes lignes?
Nous avons une idée claire vers où nous souhaitons aller. L’environnement de l’industrie aéronautique, très concurrentiel, se distingue par les mouvements de consolidation. L’Afrique n’échappera pas à ce mouvement de consolidation. Dans dix ans, on peut imaginer qu’il restera entre six et dix compagnies africaines. Le Sénégal est dans l’histoire de l’aéronautique avec une position géographique, un historique, des compétences et un dynamisme économique. Cela contribue à mettre les clignotants au vert. Le Sénégal peut prétendre être parmi les meilleurs dans ce domaine en hissant le drapeau national assez haut.

Après les deux échecs d’Air Sénégal international et de Sénégal Airlines. Comment vous y prendrez vous pour relever ce nouveau défi?
Dans l’industrie aérienne, à l’image du nucléaire, les normes sont très présentes. Tous les paramètres pour construire une compagnie aérienne entrent dans des normes, process et certifications. Il faut suivre très rigoureusement tous les process. Quand vous dirigez une compagnie de taxis, votre concurrence est locale. Quand vous dirigez une compagnie aérienne, votre concurrence se trouve à l’international. Vous êtes de ce fait soumis à des contraintes internationales et vous devez remplir les prescriptions, normes, certifications qui sont obligatoires pour accéder à ce marché international.

Air Sénégal va démarrer avec deux appareils neufs, comptez-vous renforcer ce parc en poursuivant la politique d’achat ou celle de location?
Si le gouvernement continue de soutenir cette approche qui me paraît la meilleure, la réponse est oui. C’est un bon investissement en soi et c’est rentable. La location est possible mais elle coûte beaucoup d’argent et à la fin l’avion ne vous appartient pas. L’industrie aéronautique coûte chère. Ceux qui survivent sont ceux qui ont les moyens, la volonté d’investir pour avoir des coûts attractifs. La stratégie est, dans la mesure du possible, de poursuivre l’achat d’aéronefs ; ce qui n’exclut pas des locations sur tel type d’avion ou tel autre pour entrer sur le marché dans de bonnes conditions.

Quid de l’obtention de la licence pour le démarrage des activités d’Air Sénégal ?
Le permis d’exploitation aérienne est en cours d’élaboration. Nous avons la chance d’avoir un organisme comme l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) qui est sérieux. Tout se passe dans un partenariat qui démontre qu’on travaille sérieusement. Les choses bougent selon des délais normaux. Il y a eu quelques ajustements à faire pour être dans le cadre. On suit le rythme.

Est-ce que Air Sénégal va démarrer le 7 décembre prochain, date de l’inauguration du nouvel aéroport international Blaise Diagne de Diass ?
Inchallah. Nous avons fait la réception technique des ATR à Toulouse qui sont aux couleurs du Sénégal. Nous sommes dans la phase de finalisation du financement. Le Sénégal a reçu de bonnes conditions de financement auprès de l’agence de crédit export française et italienne. Actuellement, il n’y a pas d’obstacles majeurs. On est sur un rythme soutenu. Il y avait un retard qui a été rattrapé. Les avions sont prêts. D’ici à la fin du mois, nous espérons faire le closing du financement et ainsi pouvoir en prendre livraison.