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dimanche 27 mai 2018

La zone Cemac “plus dépendante des ressources naturelles”

Selon Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique.

L’urgence de diversifier les sources de croissance se pose avec plus d’acuité aujourd’ hui dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), présentée comme la région africaine où la croissance économique peine à s’accélérer, estime la Banque mondiale. A cause principalement de l’effondrement des cours mondiaux du pétrole, la principale source de recettes budgétaires de la plupart de ses pays membres, survenu en 2014, cette organisation régionale – composée du Cameroun, du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine (RCA) et du Tchad – a été frappée par une grave crise économique. Négative de l’ordre de -0,1% en 2017, la croissance prévoit de rebondir à 2,1% cette année, selon les récentes projections publiées par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).

Selon Albert Zeufack, l’économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique, cette croissance reste cependant “faible parce que malheureusement c’est la région (africaine) qui est la plus dépendante des ressources naturelles” , au rang desquelles notamment le pétrole, que seule la RCA sur les six pays membres de la CEMAC ne produit pas pour l’instant.

Cette difficile conjoncture a entraîné de lourds déficits budgétaires pour chacun des six pays qui avaient décidé lors d’un sommet extraordinaire tenu fin 2016 à Yaoundé, au Cameroun, de conclure avec le Fonds monétaire international (FMI) des programmes d’ajustement structurel assortis d’importantes aides financières.

Ce contexte, estime M. Zeufack, économiste de nationalité camerounaise, est suffisant pour souligner l’urgence de diversifier les sources de croissance pour cet espace communautaire, pour permettre d’atténuer les chocs que subissent ses différentes économies nationales, surtout du fait de la volatilité des cours des matières premières illustrée aujourd’hui par la chute des prix du baril de pétrole.

La recommandation qui n’est pas nouvelle, a été reprécisée à l’occasion d’une vidéoconférence avec plusieurs pays africains depuis Washington, sur la 17e édition du rapport semestriel Africa’s Pulse consacré aux perspectives économiques du continent.