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vendredi 22 juin 2018

Controverse : un casque bleu livre des munitions de guerre à Bangui

La mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) a ouvert une enquête après l’arrestation d’Hugues Roland Mandoukou

Le casque bleu gabonais soupçonné, a été arrêté avec 2.000 cartouches de Kalachnikov destinées à être vendues aux groupes d’autodéfense du quartier du Kilomètre 5 à Bangui. Il risque d’être rapatrié dans son pays d’origine pour y être jugé. Son arrestation a suscité une grande controverse dans l’opinion publique centrafricaine, a-t-on constaté dimanche sur place. Reconnaissant les faits dans un communiqué de presse diffusé samedi, la MINUSCA a condamné ces agissements non conformes « aux directives en vigueur en matière de détention et d’usage d’armes et de munitions » et a assuré ouvrir une enquête sur la question. Elle a aussi pris le ferme engagement de « combattre toute forme d’indiscipline et de mauvaise conduite dont pourrait se rendre coupable son personnel aussi bien militaire que civil ».

De sources autorisées M. Mandoukou a subtilisé une caissette de munitions le 9 avril 2018 en l’absence de sa hiérarchie et en a déversé le contenu dans son sac pour le livrer ensuite aux groupes d’autodéfense du Kilomètre 5, pourtant combattus par les forces nationales et les casques bleus de la MINUSCA. Circulant sur un taxi-moto, il a été appréhendé par des gendarmes à un poste de contrôle, non loin du Kilomètre 5. Il semble que la mèche de cette affaire a été vendue à la gendarmerie par le pilote de taxi-moto lui-même.

Pour rappel, les combattants du Kilomètre 5 ont récemment tué un casque bleu rwandais au cours d’une opération conjointe de désarmement et blessé neuf autres. « Un soldat de la paix qui vend des armes de guerre aux ennemis de la paix, c’est comme un pompier qui met le feu à la forêt. C’est comme un médecin qui injecte du poison à son malade pour précipiter sa mort », a dénoncé le député Alain Lamessi. L’opinion publique accuse fréquemment les casques bleus de la MINUSCA de vendre des munitions de guerre à des groupes armés. Les députés en avaient fait part en octobre 2017 au secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, en visite dans le pays.

Le Gabon dispose en RCA d’environ 450 hommes. Ses autorités avaient annoncé au mois de mars 2016, le retrait de leurs troupes, sentant voir rétablir de manière progressive la paix. Dans les coulisses, le retrait des troupes gabonaises s’expliquerait par des accusations d’abus sexuels et également un manque cruel de logistique.