Burkina Faso : deux soldats français rapatriés pour pédophilie

Accusés d'attouchements sexuels sur deux fillettes, deux soldats français de l'opération antiterroriste « Barkhane » en poste au Burkina ont été suspendus et rapatriés en France.

Tout est allé vite, ces dernières heures, pour les deux soldats français de l'opération « Barkhane » en service au Burkina Faso, accusés de pédophilie sur deux fillettes. Mardi 30 juin, la suspension de ces deux trentenaires des forces armées a été prononcée par le ministère de la Défense, qui a jugé l'affaire « inadmissible », quand le scandale a éclaté au grand jour.
 
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S'en est suivi, mercredi 1er juillet, de l'audition des deux militaires par des gendarmes français et burkinabè, et leur transfèrement, ce jeudi, en France où ils sont arrivés au petit matin. La suite à donner aux événements incombe maintenant à la justice française, qui a ouvert une enquête afin de faire la lumière sur cette autre affaire de pédophilie, entachant l'image de l'armée française. Ou du moins, qui porte un coup à sa crédibilité sur le théâtre des opérations de maintien de la paix en Afrique. Et dans le cadre de l'information judiciaire, les deux pays doivent coopérer pour mener à bien l'instruction. Au ministère de la Justice du Burkina, on indique que cette collaboration va permettre de recevoir sur le territoire burkinabè, les magistrats ou les gendarmes français pour les auditions dans le cadre de l'affaire.

Scandale !

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les deux miltaires risquent gros dans cette affaire, gênante pour les autorités françaises, et qui ne manque pas de piquant. De sources proches du dossier, il est reproché aux deux soldats de s'être rendus coupables, dimanche, d'attouchements sexuels sur deux fillettes, des franco-burkinabè âgées de trois et cinq ans, dans la piscine d'un hôtel de Ouagadougou.

Les présumés pédophiles auraient même filmé les scènes sous l'eau, sans imaginer un seul instant que la mère de l'une des victimes tomberait fortuitement sur les images confinées dans une petite caméra. Mais c'est bien ce que le hasard a voulu, puisque la dame en question est tombée dessus. Et il a fallu qu'elle invite les deux militaires, avec qui elle a sympathisé lors de la séance piscine, à boire un verre à son domicile pour s'en apercevoir. Celle-ci a découvert avec étonnement les images des scènes dans la caméra, que les deux présumés coupables ont oubliée chez elle.

Scandalisée, elle se serait rendue après coup à l'ambassade de France au Burkina Faso, pour faire part de la situation et porter plainte. Les deux soldats font partis d'un effectif de plus de 200 militaires stationnés au Burkina à la faveur de l'opération « Barhane. »