Niger: liberté provisoire tardive pour Hama Amadou

La cour d’appel de Niamey s’est prononcée mardi, sur la demande de mise en liberté provisoire de l’opposant Hama Amadou.

L'ancien président de l'Assemblée nationale, Hama Amadou, hospitalisé depuis le 17 mars à l'hôpital américain de Neuilly, en France vient de bénéficier d'une liberté provisoire dans l'affaire dite de bébés importés du Nigeria.

ngr hama amadou liberte provisoire c4f7cHama Amadou - archives

La Cour d'appel a accédé à la demande de mise en liberté provisoire formulée par ses avocats. « Tout en se félicitant » de cette mise en liberté provisoire, la Coalition pour l'alternance en 2016 (COPA 2016), l'opposition « regrette » qu'elle « soit tardive ». La COPA persiste et signe que « cette affaire est purement politique. » Pour le porte-parole de la COPA 2016, Ousseini Salatou, « cela est un non évènement ».

Pour rappel, l'ancien président de l'Assemblée nationale, Hama Amadou est accusé de supposition d'enfant dans l'affaire dite de bébés importés du Nigeria révélé début 2013 par la presse nigérienne. Avec lui, 18 autres personnes dont une de ses épouses, un ministre d'Etat en fonction, Abdou Labo. L'ensemble de personnes accusées a séjourné en prison, sauf Hama Amadou qui avait fui le pays. Depuis, son conseil a qualifié cette affaire de purement politique.

L'aboutissement d'un processus ?

Après plusieurs demandes de mise en liberté provisoire rejetées, l'opposant Hama Amadou et ses avocats se sont résignés à ne plus déposer de demande. Arrivée deuxième à la présidentielle du 21 février dernier, sur demande de la COPA, une autre demande a été déposée. Le 14 mars dernier, la Cour d'appel a entendu les plaidoiries de l'accusation et de la défense. Elle a fixé le délibéré pour le lundi 28 mars. Le délibéré fut reporté au mardi 29, le lundi étant férié.

A noter que l'opposant en prison depuis le 14 novembre 2015 est sorti ce soir même de l'hôpital et débute quelques jours de convalescence avant de regagner Niamey. Son retour au pays interviendra à un moment où opposition et pouvoir ont engagé des négociations, à l'initiative du premier ministre, Brigi Rafini, afin de ramener la paix et la sérénité au sein de la classe politique. Il faut dire que l'opposition a annoncé la vacance du poste de président de la République à partir du 1er avril prochain.

Avec la remise en liberté provisoire du tout nouveau chef de file de l'opposition, s'achemine-t-on vers l'apaisement du climat politique de plus en plus tendu depuis le démarrage du processus électoral de 2016 ? La question reste posée.