Maroc : Al-Hoceïma, en effervescence

Ambiance tendue dans la région marocaine de Hoceima. Les habitants
réclament depuis sept mois le développement du Rif.

Le mouvement de protestation, « Hirak du Rif », secoue depuis douze jours Al Hoceima dans le nord du Maroc. Des manifestations nocturnes sont régulièrement organisées dans ce Rif pour dénoncer la corruption, le chômage, et la pauvreté.

Dans un climat de vive tension, des affrontements opposent constamment manifestants et policiers. Des sit-in de solidarité ont également eu lieu dans d'autres villes du nord. Des milliers d'habitants sont descendus dans les rues de Tanger, Nador, Rabat et Casablanca, où ils ont été dispersés par la police. « Etat corrompu », « Pacifique,
pacifique ! », scandent les protestataires.
 
Maroc Hoceima Fotor e7fec

Plusieurs jeunes ont été arrêtés depuis une dizaine de jours. Ils font face à de graves accusations de crimes, notamment d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat.
 
Le leader Zefzafi...
Le leader de la contestation populaire, Nasser Zefzafi, est devenu le visage du mouvement populaire, le « hirak » (la mouvance), qui secoue la région de Hoceima depuis la mort en octobre 2016 d'un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à ordures.

Depuis, la contestation, menée par des jeunes a pris une tournure plus sociale. Les protestataires réclament le
développement, le travail et la dignité. Zefzafi a été interpellé par la police pour atteinte à la sécurité intérieure. Il est accusé d'avoir interrompu le prêche d'un imam à la mosquée Mohammed V, la principale de la ville d'Al-Hoceïma. Il est notamment accusé d'avoir insulté le prédicateur et prononcé un discours provocateur. Depuis son arrestation, les manifestants scandent : " Nous sommes tous Zefzafi."

Une dizaine d'associations marocaines des droits de l'Homme comptent assurer une médiation à Al Hoceima. Elles viennent de lancer une initiative, baptisée « Pour faire aboutir les revendications légitimes des habitants du Rif ».