Et un médiateur de plus pour le Burundi !

Le nouvel envoyé spécial de l'ONU pour le Burundi s'est rendu à
Bujumbura. Objectif : relancer un dialogue au point mort avec des
protagonistes aux positions radicalement opposées.

Au terme de sa visite de trois jours au Burundi jeudi 29 juin, Michel Kafando, récemment nommé envoyé spécial des Nations-Unis au Burundi, a indiqué à la presse que la recherche de la paix est un combat titanesque. Il reconnait le travail de ses prédécesseurs à leur façon dans des conditions parfois difficile.
 
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« La mission que j'ai acceptée certainement est difficile, mais je mettrai la volonté qu'il faut. Ma détermination farouche me permettra à réussir la mission, mais je n'ai pas de baguette magique pour essayer de trouver solution à la crise burundaise. Je compte également sur la collaboration avec les autorités burundaises ».
Après ce tête-à tête avec le président Pierre Nkurunziza, par la voie de son porte-parole, il a promis cette collaboration. Jean-Claude Karerwa a précisé que Bujumbura est prête à travailler avec le nouvel émissaire à condition qu'« il marche dans les limites des lois burundaises et internationales, respectant la souveraineté burundaise. Nous espérons qu'il fera mieux que ses prédécesseurs, » ajoute M.
Karerwa.

Reconnaissance ou reproches aux prédécesseurs ?
 
Selon toujours le porte-parole du numéro un burundais, les prédécesseurs de l'envoyé de Guterres n'ont pas totalement échoué, il y en a qui ont fait un bon travail. Cependant, à un certain moment, ils ont eu un penchant. Ils ont sorti des rapports calomnieux à l' égard du Burundi, ils ont exagéré des faits, ils n'ont pas respecté les lois
en vigueur au Burundi. Ils ont en outre passé certaines résolutions des Nations-Unies, en voulant associer au dialogue externe des personnes qu'il qualifie d'écartées, par certaines résolutions Onusiennes.

De l'évitement
 
Ces prédécesseurs ont pour la plupart été récusés par Bujumbura, notamment l'émissaire Jamal Benomar et Zeid Rad'Al Hussein. Toutefois, Burundi a intérêt à ce que le dialogue inclusif, qui semble être au point mort, puisse reprendre et continuer. Selon le spécialiste en résolution des conflits, Bujumbura affiche un comportement d'évitement avec cette résolution qui remet en cause la participation à ce dialogue des présumés putschistes. Jean Claude Nkundwa estime que le Burundi a toujours utilisé le principe de la souveraineté pour refuser toute coopération avec la communauté internationale.
 
Bujumbura devrait changer de stratégie pour que le dialogue externe puisse aboutir avec le nouvel émissaire, sinon des effets inattendus peuvent se produire en matière de coopération. La visite de M. Kafando est très significative, vis-à-vis du dialogue externe sous la houlette de Benjamen Mkapa, ancien président tanzanien, désigné par les chefs d'Etats de la communauté Est-Africaine. Cet expert en résolution des conflits trouve cette visite comme un message fort au président burundais que les N-U veulent appuyer la sous-région pour mettre fin à la crise liée au troisième mandat du président burundais qui ne fait que durer , souligne -t-il.
 
Coopération mal en point

Depuis fin avril 2015, Bujumbura intensifie ses relations avec la Chine et la Russie au détriment de l'Union Européenne, son partenaire de longue date. Ces relations ne semblent pas se normaliser. Dans le discours à la nation du président burundais le 30 juin, à la veille de la célébration des 55 ans d'indépendance du Burundi, le président Nkurunziza a rappelé que les aides provenant des pays qu'il n'a pas nommément cité , sont un moyen de perturber la souveraineté nationale et diviser les Burundais.
 
Michel Kaffando s'est ensuite rendu en Tanzanie pour rencontrer le facilitateur Mkapa, puis en Ouganda où il rencontre le président Museveni pour enfin cloturer sa visite en Ethiopie, au siège de l'Union Africaine. Des rencontres pour relancer le dialogue interburundais d'Arusha au point mort.

Pour rappel, le facilitateur Mkapa s'était donné comme limite la date du 30 juin pour faire signer un accord aux protagonistes burundais. Peine perdue.