Mali : nouvelle violation du cessez-le-feu

Des affrontements meurtriers ont opposé des groupes armés signataires de l'accord de paix au Mali. La Minusma, condamne.

La Plateforme des mouvements d'autodéfense, communément appelée ''Plateforme'', et la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) se sont de nouveau affrontées, e jeudi 6 juillet, au sud d'Aguelhok, dans le nord-est du Mali.
 
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Aucun bilan officiel n'est encore disponible, mais des sources indépendantes parlent de 3 morts. « La Minusma constate avec consternation et inquiétude des violations continues et accrues du cessez-le-feu par les deux mouvements signataires de l'accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Ces violations comprennent des mouvements de convois armés dans la région de Kidal, des provocations et des combats, dont les affrontements armés en cours au sud d'Aguelhok en sont la parfaite illustration, » regrette la mission onusienne dans un communiqué.

Mahamat Saleh Annadif, représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies au Mali et chef de la Minusma, a déclaré que ces agissements de la part des mouvements sont d'autant plus condamnables qu'ils font fi de tous les appels que les responsables de la mission onusienne au Mali ont toujours lancés aux dirigeants des groupes armés.

Conséquences

Mahamat Saleh Annadif a ainsi mis en garde contre le risque d'affecter la mise en œuvre de l'accord de paix, parce que la situation pourrait profiter au terrorisme pour gagner davantage du terrain. Si ces agissements persistent, ils risquent également de saper, prévient-il, la confiance des Maliens et de la communauté internationale, toute entière, en la bonne foi des mouvements signataires en tant que ''partenaires sérieux et crédibles'' dans la quête d'une paix durable au Mali.

« J'exhorte les responsables de la Coordination des mouvements de l'Azawad et de la Plateforme à assumer pleinement leurs responsabilités et à agir d'urgence pour mettre fin irréversiblement à ces violations qui ne seront pas sans conséquences si elles ne cessent pas. »

Aucune réaction n'a jusque-là été enregistrée du côté gouvernemental ou de la Plateforme, mais des sources proches de la CMA ont confié à l'AFP que c'est un groupe "dont la Plateforme s'est désolidarisée qui a attaqué une position de la CMA, et la CMA a riposté, tuant plusieurs personnes parmi les assaillants".

Ce qui semble déjà évident, c'est que cette énième violation du cessez-le-feu constitue un coup dur pour l'accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d'Alger, qui peine déjà à être mis en œuvre depuis sa signature, en 2015, par le gouvernement et les deux principales branches de groupes armés, en l'occurrence la Plateforme et la CMA.

Ces affrontements interviennent à un moment où les Maliens espèrent le retour de l'armée malienne à Kidal en ce mois de juillet.

L'Etat y est absent depuis 2014, suite à de violents affrontements qui ont opposé les forces armées maliennes et les combattants de la CMA dans le sillage d'une visite de Moussa Mara, alors premier ministre, dans la région.