Tunisie : Radhia Nasraoui en grève de la faim pour la protection de son mari

L’avocate tunisienne Radhia Nasraoui, en grève de la faim, proteste
contre le changement du mode de protection dont bénéficie son mari, le leader Hamma Hammami.

Radhia Nasraoui , militante des droits de l'Homme, membre du sous-comité de lutte contre la torture à l'ONU vient d'entamer sa deuxième semaine de grève de la faim, débutée le 11 juillet. A travers cette action, la présidente de l'Association de lutte contre la torture en Tunisie, proteste contre la levée de la protection présidentielle sur son mari, Hamma Hammami, secrétaire général du Parti des travailleurs et porte-parole du Front Populaire (une coalition politique tunisienne regroupant douze partis politiques et associations de gauche, nationalistes et écologistes).
 
Tunisie Radhia nasraoui 22 Fotor 7ca71

« Je vais continuer la grève de la faim jusqu'à ma mort s'il le faut. Je ne peux pas me taire tant que mon mari est menacé, » a déclaré la militante des droits de l'homme sur une radio privée tout en ajoutant « j'ai participé à la défense des victimes de la répression sous Bourguiba et sous Ben Ali (de gauche, libéraux, islamistes, nationalistes arabes, salafistes, étudiants, syndicaliste, défenseurs des droits de l'homme, journalistes, etc.), ce n'est pas aujourd'hui que je vais laisser tomber mon mari. »

Son mari est menacé d'assassinat...

Depuis l'assassinat du militant de gauche, Chokri Belaïd en février 2013, le leader Hamma Hammami était protégé par la garde présidentielle. Depuis le début du mois de juillet, on l'a informé que sa sécurité serait désormais assurée par le ministère de l'Intérieur. Une décision qui, selon l'avocate Nasraoui, met la vie de son mari en danger. « Avec la garde présidentielle, la protection était permanente. Par contre, avec les services du département de l'Intérieur, elle sera ponctuelle sur demande et uniquement durant les activités officielles. »

Nasraoui a affirmé que son mari est toujours menacé d'assassinat. Elle a considère cette décision comme étant une punition contre son mari, à cause de ses dernières prises de position contre l'alliance au pouvoir.

La militante des droits de l'homme avait fait une grève de la faim le 26 juin 2002 pour protester contre l'arrestation de son mari Hamma. Le même scénario s'est déroulé le 18 octobre 2005. Elle a été aux côtés de son mari qui obseravait une grève de la faim avec plusieurs dirigeants de l'opposition.