Camp d'accueil des immigrés: le non de la Tunisie à l'Allemagne

La visite du chef du gouvernement tunisien en Allemagne s’est soldée par une fin de non-recevoir à l’idée d’installer des camps pour les migrants en Tunisie.

En pleine année électorale, la chancelière allemande Angela Merkel tente d'obtenir la coopération du chef du gouvernement tunisien sur l'épineux dossier de l'immigration clandestine avec pour seul objectif de rassurer l'opinion allemande qui lui reproche d'avoir ouvert les frontières aux migrants.

tn youssef-chahed angela-merkel b888fYoussef Chahed et Angela Merkel

Selon des sources allemandes, il y aurait 1.515 Tunisiens dont la demande d'asile a été refusée et qui attendent d'être renvoyés en Tunisie, tout comme les 3736 Marocains et les 3784 Algériens. L'an dernier, 116 déboutés du droit d'asile ont été renvoyés en Tunisie. « Ce n'est pas suffisant, » a déploré la chancelière allemande lors de son entretien avec son homologue tunisien.

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed a, de son coté, affirmé que la Tunisie est horrifiée par l'attaque du marché de noël de Berlin, insistant sur le fait que « l'auteur de l'attentat Anis Amri ne représente pas la Tunisie et que le jour où, en 2011, Amri a quitté la Tunisie, il n'était pas terroriste. C'est en Italie, en prison, qu'il s'est radicalisé...».

La Tunisie ne sera jamais un «camps d'accueil pour immigrés ! »

Lors d'une conférence de presse conjointe à l'issue de leurs entretiens au siège de la chancellerie allemande à Berlin, Youssef Chahed et Angela Merkel ont affirmé que la Tunisie n'allait pas être une terre de transit pour les réfugiés, ni abriter des camps pour les migrants. Ils ont également souligné que les immigrés tunisiens n'allaient pas être rapatriés de force.

Depuis l'attaque du marché de noël à Berlin, l'Allemagne cherche par tous les moyens à accélérer l'expulsion des demandeurs d'asile reboutés, notamment les Maghrébins. Mme Merkel aurait même proposé au chef du gouvernement tunisien son idée de camps en Tunisie pour y accueillir les migrants sauvés au cours de la traversée de la Méditerranée depuis la Libye et empêcher ainsi leur arrivée en Europe. Seulement le premier ministre tunisien a dit « non » à cette proposition tout en soulignant que la Tunisie ne sera jamais un «camps d'accueil pour immigrés.»