RDC: de nouveaux morts suite aux violences dans le Kasaï

De nouvelles attaques, dans le Kasaï, ont fait plusieurs morts. Les affrontements opposaient les miliciens Kamuina Nsapu et l'armée régulière.

Vendredi 31 mars et samedi 1 avril ont été deux autres journees sanglantes dans la province du Kasaï central, region située au centre de la République démocratique du Congo. Les affrontements du samedi ont fait une dizaine de morts dans le village de Tshimbulu.

rdc attaque de beni b0252Photo d'illustration

Une source de la société civile ayant requis l'anonymat avance un bilan provisoire de 15 morts du côté des miliciens Kamuina Nsapu. Par ailleurs Martin Kandolo, un journaliste de la cité de Tshimbulu, joint par le site internet Politico.cd a témoigné avoir vu de ses propres yeux 10 cadavres dont un militaire de l'armée congolaise et 9 miliciens.

Il a précisé que les autorités ne s'étaient pas exprimées pour communiquer un quelconque bilan des accrochages. Bien avant, les miliciens du chef traditionnel Kamuina Nsapu avaient mené une attaque le vendredi dans la cité de Luebo, en territoire du même nom toujours, dans la province du Kasaï, en s'attaquant aux symboles de l'État et autres ( le bâtiment administratif du territoire, la prison, le palais de justice, l'évêché, le couvent de sœurs, certaines institutions bancaires privées dont SOFICOM et SOLIDAIRE). Ils ont tout saccagé.

Ils s'en sont également pris à la famille de l'administrateur du territoire de Luebo. Ils ont tué son épouse. Cité par Actualité.cd, un autre site d'information du pays, Joseph Mbuyi Mubenga a témoigné. << Mon épouse a été abattue par ces rebelles. Ils ne sont pas des miliciens. Ils ont des armes de guerre. Ils l'ont tuée [...] Son corps continue à périr. >> Il a ajouté que lui et d'autres centaines d'habitants de sa juridiction se sont réfugié dans le territoire voisin de Mweka

Chef traditionnel

Selon les rapports de l'organisation des Nations-Unies et d'autres organisations humanitaires, les violences dans la region du Kasaï ont déjà causé la mort à plus de 400 personnes et contraint plus de 200 000 autres à fuir leurs habitations.

Il y a seulement quelques semaines deux experts de l'ONU ont été victimes d'un enlèvement de la part des miliciens de Kamuina Nsapu dans cette région avant d'être retrouvés morts, environ deux semaines après.

La region du Kasaï est victime de violences depuis aout 2016, lorsque le chef traditionnel Kamuina Nsapu a été abattu par les forces de sécurité.