Bénin: le non des députés à Patrice Talon

La Constitution du Bénin ne sera pas révisée, du moins pour le moment. Le projet a été rejeté mardi, à l’Assemblée nationale par 22 voix.

60 voix pour, 22 contre et 01 abstention. C'est par ce vote que les députés béninois ont rejeté, mardi 4 avril, le projet de révision de la Constitution introduit au parlement par le gouvernement de la Rupture.

bn patrice talon050417 ec459Patrice Talon

Une victoire pour les antirévisionnistes et un échec pour les révisionnistes qui ont été freinés dans leur élan. « Pour être pris en considération, le projet ou la proposition de révision, doit être voté à la majorité des trois quarts des membres composant l'Assemblée nationale, » stipule l'article 154 de la Constitution.

Ainsi, après un long et houleux débat, la majorité parlementaire a connu un échec, car elle n'a pas pu avoir le nombre de voix nécessaires pour faire passer ce projet. Cet échec du gouvernement fait sauter de joie le peuple béninois qui n'est pas contre la révision, mais contre la qualité du document introduit à l'Assemblée nationale. « Je suis allé dans ma circonscription électorale. J'ai remarqué que le principe même de la révision de la Constitution n'est pas mis en cause. Mais le projet qui nous est envoyé comporte beaucoup d'écueils, » explique Valentin Djènontin, député des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe).

Selon les députés, si ce document est voté en l'état, il fera régresser la liberté publique, donc la démocratie béninoise. Mais pour certains députés, il est nécessaire de réviser cette Constitution qui a déjà 27 ans d'existence. « La révision de la Constitution est un sujet nécessaire. Il faut réviser la Constitution, c'est oui. Mais qu'est-ce qu'il faut réviser, c'est là que se trouve le débat, » précise le député Barthélémy Kassa.

Tournées

A en croire certains députés révisionnistes, l'Assemblée peut voter la prise en considération de ce projet quitte à apporter des amandements en fonction des avis des populations à la base. Car, cela fait des années que le sujet de la révision de cette Constitution dure. « Je voudrais rassurer mes mandants que je vote donc oui pour la prise en considération afin que les amendements puissent être pris en compte. Nous sommes dans notre droit. Nous devons donc agir en toute responsabilité, sans crainte, sans peur, sans menace parce que nous travaillons pour la République, » indique le député Jean-Michel Abimbola.

Ainsi, malgré les tournées des députés dans leur circonscription électorale respective pour convaincre leurs mandants de l'importance de la révision de la Constitution, et les débats entre les spécialistes et autres politiciens, le projet n'a pas prospéré. Il a suffi du "NON" de 22 députés pour l'envoyer aux calendes grecs.