Parole de Joseph Kabila

Dans un discours très attendu, Joseph Kabila s'engage à nommer un nouveau premier ministre dans 48 h, afin de décrisper la situation politique.

Le président congolais Joseph Kabila s'est exprimé ce mercredi 5 avril à la nation à travers les deux chambres du parlement réunies en congrès à savoir l'assemblée nationale et le sénat. Dans ce discours très attendu depuis l'echec des négociations politiques sous l'égide de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo), Joseph Kabila a abordé des questions relatives à la sécurité dans le centre du pays, notamment les violences dans le Kasaï. Il a également touché les questions économiques difficiles que connaît le pays avant de rebondir sur la crise politique, le point le plus le plus attendu de son adresse.

RDC Kabila a832dJoseph Kabila

Dans ce discours d'environ 30 minutes, une seule annonce a retenu l'attention. Il s'agit de l'urgence, selon lui de la mise en œuvre de l'accord de la saint Sylvestre signé le 31 décembre 2016 entre la majorité présidentielle et le rassemblement de l'opposition, sous la médiation de la CENCO.

Joseph Kabila a déclaré : << comme relevé dans le message de novembre 2016 et tenant compte du fait que le pays ne doit plus être l'otage d'intérêts personnels et des buts des positionnements d'acteurs politiques, le premier ministre sera nommé impérativement dans les 48 heures. Quant à la présidence du CNCA (Conseil national de suivi de l'accord), je demande aux deux chambres du parlement d'adopter rapidement la loi organique y relative. En même temps, j'en appelle à l'accélération des tractations au sein de la classe politique, en vue de la désignation dans la foulée, dès l'entrée en fonction du prochain gouvernement une personnalité consensuelle, afin de présider cette structure. >>

Parlant de la situation sécuritaire dans le Kasaï où opère depuis quelques mois la milice du chef traditionnel Kamuina Nsapu, le president congolais a également annoncé la mise en place d'une zone opérationnelle de l'armée, afin d'y renforcer la présence de l'État et ainsi mettre fin à la violence.

Ingérence étrangère

Comme toujours dans ses discours, Joseph Kabila n'a pas dérogé à ses principes ce mercredi 4 avril devant le congrès. Le président congolais refuse l'ingérence étrangère. Il a assuré que tous les dialogues qui se sont succédés depuis 2015 n'ont qu'un seul objectif : l'organisation des élections. << Ce processus etant l'œuvre des Congolais et financé par eux mêmes, aucune ingérence étrangère, ni dans son pilotage, moins encore dans son déroulement ne sera tolérée... Comme dans tout autre pays membre des Nations unies, il s'agira d'une question de politique intérieure relevant de la souveraineté nationale,>> a-t-il déclaré, se voulant le défenseur de l'indépendance et de la souveraineté nationale.

Pour finir Joseph Kabila a appelé l'opposition à surmonter les querelles intestines et harmoniser les vues sur le profile et le mode désignation du futur premier ministre, afin d'accélérer la mise en place du futur gouvernement d'union nationale.

A titre de rappel, une autre aile du rassemblement des forces politiques et sociales acquise au changement conduite par Valentin Mubake et Francois Olenga a été reçue par le président de la République, mardi 4 avril. Elle se dit favorable à la proposition de la majorité présidentielle qui demande au rassemblement de présenter une liste de trois candidats potentiels premiers ministre.

L'aile la plus populaire de cette plateforme politique conduite par Felix Tshisekedi campe, elle, sur sa position, celle de présenter un seul nom.