RDC: 13 agents de la Monusco pris en otages par des réfugiés sud soudanais

13 agents de la MONUSCO ont été pris en otages mardi à Munigi, à l'est du pays, par des réfugiés sud soudanais dont des anciens combattants fidèles à Ryek Mashar. 

Des réfugiés sud soudanais cantonés dans une base de la Monusco à Munigi à une dizaine de kilomètres au nord de Goma en province du nord Kivu ont pris en otage 13 agents de la Mission onusienne en République démocratique du Congo, tous des civiles ce mardi dans la soirée.

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Des sources onusiennes confirment ce fait survenu au lendemain du début du processus de rapatriement des réfugiés vers leur pays d'origine. Le chef de bureau de la Monusco en province du nord Kivu, Daniel Ruiz joint par le site internet Politico.cd a déclaré : « les preneurs d'otages veulent partir dans un pays tiers autre que la RDC et le Sud-soudan en conséquence du départ de huit d'entre eux le vendredi dernier. Ils ont dit que si les huit ont pu rentrer au Sud-Soudan, eux ils veulent partir dans un pays tiers. »

Il a rencheri que les négociations étaient en cours pour libérer les otages, mais aussi que les Sud Soudanais ne voulaient pas les libérer, avant qu'on ne les laissent partir dans un pays tiers. « Il n'y a pas encore de solution et ces gens n'ont pas de visas pour qu'un autre pays les reçoivent, » a t-il ajouté tout en promettant une issue à cet événement malheureux.

Scénario

Pour rappel, au moins 800 combattants de l'armée populaire de la libération du Soudan de Ryek Mashar et leurs dépendants ont été accueillis par la Monusco le dernier trimestre de 2016 en République démocratique du Congo. Ils fuyaient les affrontements à Juba, la capitale sud soudanaise, contre l'armée du président Salva Kir. Les hommes de l'ancien vice-président sud soudanais Ryek Mashar erraient d'abord dans le parc national de la Garamba, dans le nord est du pays, avant d'être cantonés dans différents camps de la Monusco à Bunia, Dungu, Munigi et Goma.

L'arrivée des réfugiés avait provoqué une vague de contestations, notamment en ville de Goma où des organisations de la société civile protestaient contre l'initiative de la mission onusienne, disant craindre un scénario semblable à celui des rebelles rwandais des FDLR en 1994.

Le Soudan du Sud a plongé en guerre civile en décembre 2013 suite à l'antagonisme militaro-ethnique entre les partisants du président Salva Kir d'un côté et ceux soutenant l'ancien vice président Ryek Mashar de l'autre.