La coopération sino-burundaise renforcée

Le vice-président chinois a effectué une visite de jours au Burundi. Avec la crise politique que vit le pays, la Chine reste l'un de ses meilleurs alliés.

Le premier vice-président chinois a été reçu jeudi par le numéro un burundais. Lee Yuan Chao signe un don de 30 millions de dollars sans intérêt. L'autorité chinoise promet d'appuyer davantage le Burundi au terme de sa visite de deux jours.

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Après un tête-à -tête de plus de deux heures, Lee Yuan Chao a indiqué à la presse que son pays s'engage à continuer à ériger des infrastructures, à appuyer le budget burundais, fournir des aides alimentaires, d'offrir des stages de formation aux étudiants burundais, l'opération gratuite de malades de cataractes. Elargir encore d'avantage la coopération bilatérale, tel est le message livré par M. Lee.

De son côté, le président Nkurunziza, sans fournir de détails sur l'accord signé, a précisé que les secteurs de l'agriculture, l'élevage, l'éducation, l'énergie et mines figurent parmi les secteurs- clés que la Chine continuera à appuyer. S'exprimant sur le dialogue inter burundais, Lee Yuan Chao soutient que les Burundais doivent s'entendre entre eux et que la souveraineté du Burundi ne doit pas être remise en cause par une quelconque ingérence étrangère.

De l'accord de Cotonou

La crise que traverse le Burundi depuis deux ans a affecté sa vie tant politique, sécuritaire qu'économique. Le grand partenaire qu'était l'Union Européenne a gelé ses aides directes au gouvernement en vertu de l'article 96 de cet accord (le respect des droits de l'homme, un Etat de Droit, une bonne gouvernance). C'est à ce moment alors que la Chine a pris une grande place, en appuyant le processus électoral de 2015.

Analyse

Cette visite s'inscrit dans le cadre de renforcement des relations bilatérales, dit un ancien président burundais, mais c'est plus stratégique d'élargir la coopération surtout économique. La place qu'occupait l'Union Européenne est de moins en moins visible au profit de la Chine.

Un pays qui s'est toujours opposé au Conseil de séuité de l'ONU, aux différentes résolutions sur le Burundi, notamment l'envoi de 228 policiers. Sylvestre Ntibantunganya n'exclut pas la course chinoise vers les minerais burundais.

Peu avant l'entretien avec le président Pierre Nkurunziza, le vice –président chinois a visité différents infrastructures construites par des chinois notamment l'école technique secondaire de Kigobe, le nouveau palais présidentiel en construction, le bâtiment abritant le ministère des Finances, flambant neuf bâti par les Chinois sur financement de la Banque Mondiale.

Allié de longue date

La coopération sino-burundaise date de 1963 juste après l'indépendance du Burundi en 1962 sous la monarchie. Le pays de Mao Tsé Toung n'a cessé d'être aux côtés du Burundi. Sa présence se remarque dans le domaine de la santé principalement dans trois hôpitaux.

La visite au Burundi du numéro deux chinois vient après celle d'une délégation du parti au pouvoir en Chine. Une délégation accueillie par le secrétaire général du parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD.