Des tirs dans différentes villes ivoiriennes

Des coups de feu ont été entendus dans différentes villes du pays. Des soldes mécontents exigent la paie de leurs soldes évaluées à des millions de CFA.

Des soldats en colère ont tiré des coups de feu à Abidjan et dans plusieurs grandes villes du pays, affolant les populations, contraintes de rester chez elles. Ce mouvement d'humeur parti dans la nuit du jeudi à vendredi depuis Bouaké, centre du pays, fief des ex-combattants démobilisés, a touché Abidjan, la capitale économique du pays, Man dans l'ouest, Duékoué et d'autres villes très tôt vendredi.

rci mutins 120517 83eee

Plusieurs barrages ont été érigés par des soldats puissamment armés sur les voies et dans différents coins jugés stratégiques, comme les alentours du ministère de la Défense et celui de l'Intérieur au Plateau, centre des affaires d'Abidjan qui s'est vu vider de sa population, à la mi-journée au son des canons.

Une colère qui fait suite à la rencontre qu'a eu le chef de l'Etat Alassane Ouattara avec un groupe de militaires présentés comme une délégation de soldats mutins à la télévision nationale jeudi et qui affirmaient qu'ils renoncent à leurs revendications de soldes de primes 12 millions FCFA, accord obtenu en janvier dernier, après avoir déjà perçu 5 millions FCFA de ce montant.

La colère

Les ex-combattants qui depuis quelques semaines, revendiquent leur part du gâteau, après un échec de médiation avec les chefs religieux musulmans à Bouaké, se sont soulevés lundi 09 mai, bloquant les voies d'accès à la ville. Ils ont dénoncé cette rencontre avec le chef de l'Etat qu'ils qualifient de ''mascarade'' et de ''ruse'' du pouvoir qui, selon un mutin joint l'après-midi au téléphone, ne veut pas prendre en compte leurs préoccupations. « Ce n'est pas bon de ruser avec nous de cette façon, en allant chercher des interlocuteurs en notre nom », a-t-il dénoncé.

Ce, suite à la diffusion de la rencontre du chef de l'Etat avec une délégation de militaire jeudi sur la télévision nationale. « Ces hommes que vous avez vu ne sont pas nos représentants », a-t-il souligné.

La situation

Le chef de l'Etat a convoqué un conseil de sécurité pour analyser la situation.

Même si le calme semble revenir depuis vendredi après-midi, les mutins quant à eux espèrent que les autorités comprendront qu'ils ne sont concernés ni de près, ni de loin par cette déclaration de renonciation de soldes de primes.

En janvier 2011, au terme d'une mutinerie qui avait secoué le pays, un accord avait été conclu et portait sur le paiement d'une prime de 12 millions de Fcfa à chacun des 8400 mutins, soit une enveloppe globale de près de 100 milliards FCFA. A ce jour, 5 millions FCFA ont été versés. Et c'est au reliquat de 7 millions FCFA que la délégation reçue par Alassane Ouattara dit avoir renoncé, ce qui n'a rien avoir avec la situation des ex-démobilisés.