Emmanuel Macron au Mali

Le président français est arrivé vendredi à Gao, dans le nord du Mali, où il a rendu visite aux 1600 soldats français de la force Barkhane.

Emmanuel Macron a réservé sa toute première visite africaine en tant que chef d'Etat au Mali. Vendredi, le nouveau président français est arrivé, en fin de matinée, à Gao, à plus de 1200 km au sud de Bamako.

mali ibk et macron 411b1Emmanuel Macron et IBK

L'objectif de cette visite est de rendre hommage aux soldats français de Barkhane et de leur témoigner toute sa confiance. Le chef suprême des armées françaises a été accueilli à sa descente d'avion par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Les deux chefs d'Etat, après avoir passé en revue les troupes françaises et maliennes présentes à Gao ont animé un point-presse au cours duquel Emmanuel Macron a confirmé l'engagement militaire de la France au Mali et au Sahel pour la sécurité de la région, évoquant une accélération des opérations contre les groupes djihadistes.

Processus

"La France est engagée depuis le début à vos côtés et ce que je suis venu ici vous dire, de manière très claire, c'est qu'elle continuera à l'être, de la même manière", a-t-il rassuré, tout en exprimant sa volonté de renforcer le partenariat avec l'Allemagne pour la sécurité du Mali.

La France continuera, a-t-il déclaré, pour le compte de l'Europe toute entière à contribuer à la sécurité du Mali, mais d'autres pays européens peuvent en faire davantage pour le développement. Le président français doit passer à Gao, cette ville martyre du Nord du Mali, environ six heures sur place, suivant un programme très chargé. Il ne passera pas par Bamako, mais un entretien en tête à tête avec le président Ibrahim Boubacar Keïta est prévu, alors que la mise en œuvre de l'Accord issu du processus d'Alger connait une lenteur et que les terroristes étendent leur zone d'action au centre du Mali, au Burkina Faso et au Niger.

Contrôle

En se rendant au Mali pour son tout premier voyage hors d'Europe, le chef de l'Etat français tient une promesse. Avant son élection à la présidence de la République, Emmanuel Macron avait en effet promis qu'en cas de victoire, il se rendrait immédiatement auprès des forces françaises sur le terrain. Le choix de Gao s'explique certainement par le fait que cette ville abrite la plus importante base de l'armée française sur un théâtre extérieur. Au total, 1 600 militaires français vivent et travaillent désormais sur la base de Gao.

En janvier 2013, quand les forces françaises, tchadiennes, nigériennes et maliennes ont libéré la ville, il n'y avait sur place qu'une tour de contrôle et quelques bâtiments, couleur ocre, où s'abritaient les parachutistes français, ainsi que les forces spéciales qui s'apprêtaient à entrer dans Kidal, puis Tessalit.

En janvier dernier, son prédécesseur François Hollande n'avait pu rester que deux heures sur la base, où il s'est rendu trois fois en tout depuis le lancement en janvier 2013 de l'opération Serval pour chasser les djihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du Mali.