Côte d’Ivoire: 3 morts et des blessés graves dans un affrontement entre policiers et ex-rebelles à Bouaké

Un affrontement entre policiers et ex-combattants a fait 3 morts et plusieurs blessés, mardi, à Bouaké.

La ville de Bouaké dans le centre de la Côte d'Ivoire a été une fois encore le théâtre d'affrontement entre ex-combattants démobilisés et les forces régulières mardi. Bilan provisoire : trois morts, plusieurs blessés dans un état critique.

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L'opération de démantèlement du barrage tenu depuis lundi par des ex-combattants démobilisés au corridor sud de Bouaké qui réclament eux aussi des primes comme leurs anciens collègues soldats mutins a tourné au drame. Trois éléments du groupe sont tombés sous les balles de la police après avoir tenté sans succès de les disperser.

Les faits

Selon un témoin joint au téléphone sur place mardi en milieu de journée dans la capitale du centre, les ex-rebelles démobilisés non armés se refusant d'abandonner la position qu'ils tenaient lundi, lors des funérailles organisées à l'intention d'un des leur tué, au cours des manifestations du 12 au 15 mai dernier, n'ont pas laissé d'autre alternative à la police qui a ouvert le feu sur les manifestants. Selon toujours la même source, le directeur du centre hospitalier universitaire de Bouaké qui s'est engagé à faire un bilan en fin de soirée a aussi jugé le cas de certains blessés très sérieux.

Bilan officiel

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, souligne que '' certains des manifestants étaient armés '' et qu'ils '' ont dégoupillé une grenade offensive qui a explosé en leur sein. '' Le bilan à cette heure (14 h GMT) indique le même communiqué est de trois personnes décédées suite à l'éclat des fragments de grenade, quatorze blessés dont quatre cas graves. Du côté des forces de l'ordre, trois éléments de la gendarmerie et deux éléments de la police ont été blessés par des projectiles.

La colère

Lundi la ministre ivoirienne de la Solidarité, de la Femme et de la protection de l'Enfant, Mariétou Koné présente à leurs côtés pour apporter la compassion du gouvernement lors des funérailles de leur camarade, a été considérée comme une persona non grata. Elle a été stoppée net au cours de son allocution.

Les ex-combattants démobilisés non insérés dans le tissu social dont le nombre est estimé, selon les autorités, à 6.000 hommes, exigent eux aussi une prime de 18 millions de FCFA et un emploi permanent leur permettant d'avoir un revenu régulier comme leurs collègues recrutés dans l'armée régulière qui se sont mutinés en janvier et mai et qui ont fini par avoir gain de cause. Les 8400 hommes ont reçu chacun 12 millions FCFA.