Un colonel de la Monusco expulsé de Kinshasa

Le porte-parole de la Monusco, à peine arrivé à Kinshasa a été expulsé. Officiellement, à cause d'un souci administratif. Un incident de plus entre Kinshasa et l'ONU.

Encore un incident diplomatique entre Kinshasa, la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO). Son porte-parole, le colonel de nationalité sénégalaise Félix Prospère Basse, a été expulsé à sa descente d'avion à l'aéroport international de N'Djili.

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Souci administratif ?

Joint au téléphone, un haut cadre de la MONUSCO a confirmé l'expulsion, mais a précisé que le colonel Basse n'a pas été déclaré persona non grata. Pour lui, il s'agit d'un problème administratif et a affirmé que son collègue retournera dans les prochains jours en RDC dès que le problème administratif sera réglé.

Toutefois, il s'est réservé de préciser la nature de ce problème dit administratif. En tout état de cause, l'incident intervenu à l'aéroport international de N'Djili aggrave la tension entre Kinshasa et New-York, encore sous le choc de la perte de ses deux experts tués en mission en RDC récemment. De son côté, Dakar suit aussi de près l'évolution de la situation avant de pouvoir y interférer.

Qui est Félix Prospère Basse ?

Plus grande mission de paix des Nations-Unies dans le monde, la MONUSCO dispose de plusieurs soldats de la paix. Certains ont perdu la vie en RDC. Félix Prospère Basse a travaillé avec dévouement comme porte-parole militaire puis porte-parole civil. Il a une parfaite connaissance du Congo démocratique.

Se trouvant, il y a plus d'un mois, à Paris, pour des soins médicaux, il a été loin de la querelle autour de la Résolution 2348.

Félix Prospère Basse animait la conférence de presse hebdomadaire de la mission organisée chaque mercredi à côté de Florence Marchal, la chargée de communication et coordonnatrice du groupe de communication des Nations-Unies (UNCG).

Chaque fois que les journalistes lui posaient des questions sur la situation politique, en des termes clairs, il leur répondait que : "Ce n'est pas à la MONUSCO d'apporter la solution". Homme réputé pour son langage direct, il est soucieux de faire connaître à l'opinion le travail de la MONUSCO. C'est un militaire de carrière de l'armée sénégalaise. Pour lui, travailler pour les Nations Unies et plus encore, être au service de la paix est un engagement et un sacerdoce du fait d'avoir la capacité de se mettre à la disposition des autres, et d'apporter sa contribution pour une meilleure vie des populations.