RDC: des peines lourdes contre huit militaires pour meurtres dans le Kasaï

Huit militaires ont été condamnés ce jeudi par le tribunal militaire de Mbujimayi, pour meurtres commis contre des populations civiles.

C'est finalement huit militaires qui ont été condamnés parmi les neuf poursuivis pour meurtres sur les populations civiles dans le village de Mwanza Lomba en province du Kasaï oriental. Le neuvième a été acquitté. Les peines vont de 12 mois de prison à la prison à perpétuité. Le tribunal qui les poursuivait pour crimes de guerre par mutilation et par traitements cruels inhumains et dégradant a finalement abandonné la charge de "crimes de guerre" ne retenant que la charge de " meurtre".

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Deux ont été condamnés à 20 ans, trois à 15 ans et un autre à 12 mois. Celui ayant écopé de 12 mois de prison l'a été pour "non dénonciation de l'infraction commise par un agent militaire " selon maître Djimy Bashile avocat de la defense interrogé par AFP. Les deux militaires condamnés à la prison à perpétuité l'ont été par contumace, étant en cavale.

Une vidéo accablante
C'est depuis mars 2016 que l'auditorat général avait engagé des poursuites contre les neuf militaires congolais, après la diffusion en février de la même année de la vidéo mettant en scène les hommes en tenue des FARDC (armée congolaise) tirant à bout portant sur des civils assimilés ou identifiés comme des miliciens Kamwina Nsapu, fidèles au chef coutumier Kamuina Nsapu. La scène s'étant produite dans le village de Mwanza Lomba au Kasaï oriental. Le verdict était initialement attendu le samedi 1er juillet. Au cours d'une audience le mercredi 14 juin, les prévenus avaient affirmé avoir tué sept personnes qu'ils ont ensuite enterrées.

Le conflit armé dans le Kasaï a fait plus de 3000 morts et plus d'un million de déplacés internes, selon un rapport de l'église catholique. Par ailleurs, en juin dernier le gouvernement a decouvert dix nouvelles fosses communes portant à 52 le nombre total de fosses communes depuis l'insurrection d'aout 2016.
Le nœud du conflit, ayant migré en véritable guère entre l'armée et les services de sécurité congolais d'une par et les miliciens Kamuina Nsapu, reste la mort du chef Kamuina Nsapu tué lors d'une perquisition militaire dans sa résidence en août 2016.