Un maire boycotte la cérémonie du président de la Mauritanie

Pour protester contre le référendum constitutionnel du 5 août un maire bouscule le protocole républicain.

Une première dans l'histoire de la Mauritanie ! Le maire de la commune de Nema, Brahim Ould Mohamed, a refusé d'assister au meeting de bienvenue au président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, et ce lors de son passage jeudi, dans la Wilaya du Hodh Echarghi. Il a même refusé de prononcer le discours traditionnel devant le président.
 
Mauritanie Maire Fotor 9f47c
 
Une réaction qui a suscité l'indignation de la part des Mauritaniens qui affirment que le comportement du maire, en tant que représentant du peuple, a été peu responsable. Non seulement il ne s'est pas présenté à la cérémonie de bienvenue, en plus de cela, il n'a pas évoqué devant l'autorité suprême de l'Etat les doléances de ses populations au moment où il est censé en parler. Pour d'autres Mauritaniens, le fait de refuser d'assister au meeting du président de la République, est un acte de rare courage qui signifie le mécontentement du peuple, quant à la politique menée par les dirigeants du pays ; alors que la plupart des responsables de la région se bousculaient pour saluer devant les cameras, le président de la République.
 
Un maire solidaire
 
La position du maire exprime sa solidarité avec les quatre députés de sa ville et son rejet des amendements constitutionnels. Ces quatre députés font partie de l'opposition dite radicale, regroupées au sein d'une alliance de plusieurs partis et mouvements. Ils appellent au boycott du référendum constitutionnel du 5 août.
 
Ils protestent contre un projet de révision constitutionnel qui prévoit en particulier la suppression du Sénat et de la Haute Cour de justice ainsi qu'un changement du drapeau national. Le texte a été refusé par les sénateurs d'où le choix du président de passer par la voie référendaire. Une procédure jugée illégale par l'opposition.

Peu importe pour le président Mohamed Ould Abdel Aziz. Il fait actuellement campagne dans toutes les Wilayas du pays pour que le « oui » l'emporte. Ce qui lui donnerait plus de pouvoir selon les partisans du « non. »