Mali : découverte de deux fosses communes par l'ONU

Des enquêteurs de la Minusma ont retrouvé des corps humains dans deux forces communes à Anéfis, au Nord du Mali. Les autorités judiciaires promettent de faire toute la lumière sur le dossier.

Une enquête de la division des droits de l'homme de la Mission onusienne au Mali est en cours dans la région de Kidal, théâtre de récents affrontements meurtriers ayant opposé les combattants des groupes armés signataires de l'Accord pour la paix et la réconciliation nationale. Dans un communiqué diffusé par la Minusma le samedi 5 août 2017, à Anéfis, au Nord du pays, les enquêteurs disent avoir découvert sur place des tombes individuelles et des fosses communes. «Nous avons pu établir l'existence de deux tombes individuelles, ainsi que de deux fosses communes. Mais nous ne connaissons pas, exactement, le nombre de corps dans ces deux fosses communes. Encore moins les circonstances des décès ou des exécutions de ces personnes», a précisé Guillaume Ngefa, directeur de la division des droits de l'homme de la Minusma, tout en insistant sur la difficulté de l'identification des corps et la datation de leur décès. La douloureuse information a été confirmée par le maire adjoint d'Anéfis, Izga Ag Sidi. Selon lui des exactions ont bel et bien été commises. « Des gens ont confirmé que leurs parents ont été exécutés et rapidement mis sous terre. Ils ont été enterrés par des agents exécuteurs», a-t-il affirmé.

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Au cours de la cérémonie d'ouverture, de la session ordinaire de la Cour d'assises de Bamako, le lundi 7 août 2017, le ministre malien de la Justice, Garde des Sceaux, Mamadou Ismaïla Konaté, a promis une gestion diligente de ce dossier. «Ces tombes vont être auscultées pour savoir ce qui se passe. Tous les crimes commis au Nord vont être poursuivis dans une coopération parfaite entre la justice nationale que nous représentons et la justice internationale, y compris la Cour pénale internationale. La CPI va être présente à Bamako. Elle est saisie d'une enquête ; elle poursuivra ses observations et prendra en compte l'ensemble des cas de violation qui seront constatés», a promis le ministre Konaté, annonçant l'arrivée très prochaine au Mali de la Procureure de la CPI, Fatou Bensouda.
 
La signature, en 2015, d'un accord de paix entre les différentes factions belligérantes n'a toujours pas ramené la stabilité au Mali, en crise depuis 2012. La région de Kidal, épicentre de la crise, reste le théâtre de violents accrochages entre la Plateforme des mouvements d'autodéfense et la Coordination des mouvements de l'Azawad, tous signataires de l'accord de paix. Les violences qui ont repris depuis le mois de juillet 2017 ont contraint les autorités maliennes à envoyer Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali, à Kidal pour tenter de mener une médiation.
 
Depuis le début de la crise, les autorités nationales et internationales n'ont pu constater que plusieurs violations des droits de l'homme ont été commises dans le Nord du pays. La CPI, saisie de certains cas, peine à mener des enquêtes sur un terrain terriblement hostile.