RDC: nouveau report de la présidentielle

L'opposition dénonce le report possible des élections annoncé par le président de la CENI. Elle parle de manœuvres du pouvoir.

L'opposition dénonce une manœuvre de maintien au pouvoir par le régime en place, suite à la déclaration du président de la Commission electorale nationale indépendante, CENI. En effet, Corneille Nangaa a, à la suite d'une réunion avec les représentants des organisations de la société civile, le mardi et mercredi, laissé entendre qu'il serait impossible d'organiser les élections avant avril 2019. Celui-ci a soutenu qu'il faudrait au moins 504 jours pour organiser les scrutins, une fois l'enrôlement des électeurs terminé.

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Les réactions de l'opposition ne se sont pas fait attendre. Plusieurs acteurs de l'opposition ont dénoncé une manœuvre du régime pour se maintenir au pouvoir. Jean Bertrand Ewanga, l'un des cadres du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (principale plateforme de l'opposition), rejette les raisons d'ordre logistique et financier, souvent brandies par la CENI et la majorité présidentielle. " Ce n'est pas un problème de logistique. Ce n'est pas un problème d'argent. C'est un problème de quelqu'un qui cherche à tromper 80 millions de personnes. Le problème dans notre pays s'appelle Joseph Kabila. Il doit partir ! "

Les autres premières réactions sont celles de Claudel Lubaya et Sindika Dokolo respectivement homme politique de l'opposition et militant fondateur du mouvement citoyen "les Congolais debout". Pour le premier, cette annonce est une véritable provocation contre le peuple congolais. Il estime que cela est un signe qui prouve les velléités du pouvoir à empêcher la ténue des élections.

Forces politiques

" La déclaration de la CENI est une agression contre la patrie et un acte ostentatoire de provocation qui ne peut laisser le peuple indifférent, " écrit-il dans un twitte, avant de poursuivre : " tout repose maintenant sur les épaules de la population, qui doit prendre les choses en main".

Pour Sindika Dokolo, la déclaration de la CENI donne de bonnes raisons à son mouvement citoyen « Les congolais debout » ainsi qu'au peuple en général pour passer à l'action. Dans un tweet ce jeudi 12 octobre, il déclare "monsieur Nangaa vient d'enclencher le détonateur. Les Congolais debout avec les autres forces politiques et citoyennes vont passer à l'action".


La non ténue da la présidentielle en novembre 2016 dernier, période au cours de laquelle le mandat du président Joseph Kabila prenait officiellement fin, est à la base d'une crise politique en République démocratique du Congo. L'accord politique à l'issue du dialogue politique ténu fin décembre 2016, prévoyait les élections en décembre 2017, chose qui n'est pas réalisable, selon la commission électorale nationale indépendante et plusieurs membres de la majorité présidentielle.