CPI : retrait officiel du Burundi du statut de Rome

La CPI a vu le jour en juillet 2002 mais 5 pays ayant le droit de veto à l'ONU ne l'ont pas cautionné

La mise en place du statut de Rome visait surtout le jugement des auteurs des violations graves des droits de l'homme. C'était en date du 9 décembre 1948 à New York lors de l'Assemblée générale des Nations-Unies. La création du tribunal pour l' Ex-Yougoslavie et le Rwanda a ainsi conduit à la naissance de la CPI. Cependant le projet de mise en place de cette cour a été voté à 120 voix, 7 pays dont les Etats-Unis d' Amérique, la Chine et l'Inde n'ont pas voté ce statut, 21 pays arabes se sont abstenus.
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La CPI a vu le jour en juillet 2002 mais 5 pays ayant le droit de veto à l'ONU ne l'ont pas cautionné. Le premier procès de la CPI était à l'endroit du Congolais Thomas Lubanga accusé de violations des droits de l'homme en République Démocratique du Congo. Le Burundi de son côté a adhéré à ce statut de Rome, ayant permis la mise en place de la Cour pénale Internationale, CPI,en septembre 2004. Ce retrait est salué par certaines victimes de la crise de 2015 alors que d'autres regrettent.
 
Des reproches
Le retrait officiel de ce statut a été signé par le numéro un Burundais le 27 octobre 2016. Bujumbura accuse cette cour d'être à la solde de ceux qu'il qualifie d'ennemis du Burundi qui ne cessent de ternir l'image du pays. Lors d'une conférence de presse à Bujumbura, la ministre de la Justice et garde des sceaux a rappelé pour la nième fois que certains pays européens veulent se cacher derrière cette Cour pour satisfaire leurs intérêts. Pointant du doigt certains Burundais accusés de tremper dans la tentative de renversement des institutions en mai 2015, la patronne du ministère de la Justice précise que les juridictions nationales ont des compétences pour recevoir différentes plaintes déposées par ces Burundais au près du bureau du procureur de la CPI.
 
Des victimes de la crise de 2015
Jerede Butoyi, président de l'association des victimes des « insurrections » de 2015 (manifestations contre le 3ème mandant de Pierre Nkurunziza, dit s'être confié aux juridictions burundaises car la CPI « est un instrument des Européens ». Se basant sur le cas de la Cote d' Ivoire, Butoyi estime qui faudrait quitter cette Cour, car elle travaille en commun accord avec la commission onusienne des Droits de l'Homme qui enquête sur le Burundi et qui a récemment produit son rapport sur le Burundi.
 
Pour, Aimé Magera porte-parole de la coalition politique Amizero y'Aburundi, c'est un regret total de voir le Burundi se retirer du statut de Rome sans que les auteurs des tueries des membres de sa coalition soient jugés et traduits en justice. Il reste confiant que ce retrait pourrait contribuer à faire la lumière sur ces crimes. Il fonde cet espoir sur les rapports produits sur les violations graves des Droits de l'Homme au Burundi.
 
Retrait vu par un ancien président
Le Burundi a adhéré au statut de Rome alors que le président Domitien Ndayizeye dirigeait le Burundi. Cette entrée pour lui, signifiait la mise en place des balises pour mettre fin aux violations graves des Droits de l'Homme vu que des mouvements rebelles fourmillaient au pays. M.Ndayizeye trouve que ce retrait est lié au refus de Bujumbura de laisser la commission onusienne de se rendre au Burundi pour enquêtes. Si ce gouvernement ne se reproche rien qu'il accepte l'examen préliminaire sur les évènements de 2015.
 
Toutefois, lors de la conférence de presse, la ministre Kanyana a précisé que ce retrait ne veut pas dire le règne de l'impunité. Elle appelle les magistrats à accélérer les dossiers pénaux et permettre l'accès à la justice de tous les justiciables.