RDC: 7 morts dans l'opération de neutralisation d'un colonel à Bukavu

C'est le bilan, selon les forces de l'ordre, des affrontements à Bukavu, entre l'armée et la garde d'un officier, opposé à son désarmement

Sept morts et plusieurs blessés.
Des crépitements de balles et des explosions d'armes lourdes ont été entendus dans la matinée, dimanche, à Bukavu, dans l'est de la République démocratique du Congo. Au moins sept morts et des nombreux blessés ont été enregistrés à la suite d'affrontements entre la garde du colonel Abbas Kayonga (chef de la cellule spéciale anti-fraude minière en province démis de ses fonctions par le gouverneur) et l'armée congolaise qui tentait de le contraindre au désarmement. Selon des témoins contactés à surplace par Afrique Actualité, "les combats ont débuté très tôt le matin vers 4 h après que les forces de sécurité soient intervenues dans la résidence du colonel Abbas Kayonga et ont duré plusieurs heures". En plus de dégâts humains, plusieurs dégâts matériels ont été rapportés.
 
Bukavu b46d6
Le bilan
Selon le capitaine Dieudonné Kasereka porte-parole de l'armée dans la province du Sud Kivu, dix-sept éléments fidèles au colonel se sont rendus et une importante cache d'armes a été decouverte dans sa résidence. Le porte-parole de l'armée explique qu'il s'agit de " deux civiles, deux militaires de l'armée et trois éléments de l'armée morts ". " Les huit blessés sont notamment cinq militaires des forces armées de la République démocratique du Congo et trois éléments de la garde du colonel. " a expliqué le capitaine Dieudonné Kasereka. Par ailleurs, des pillages perpétrés par certains jeunes ont été signalés dans une église considérée proche du colonel Abbas. La société civile locale dit poursuivre des recherches pour établir le bilan définitif des affrontements
 
Une démission forcée à la base
Tout est parti de la démission contrainte du colonel Abbas Kayonga par le gouverneur Claude Nyamugabo il y a quelques jours de la direction de la cellule spéciale anti-fraude minière en province. Les autorités l'accusent de ne pas vouloir se séparer de sa garde, n'étant plus en fonction.
 
Ce dernier dément et soutient qu'il était en pleine négociation pour que l'opération se fasse en toute sécurité. " Nous avons été attaqués chez-nous depuis 4 h du matin par les FARDC. Nous étions en pleine discussion avec la police et nous avons écrit au général de la police pour qu'il puisse nous sécuriser parce que les fraudeurs ont été contents de notre suspension et il y avait une marche à cause de cela et ils pouvaient me lyncher mais aujourd'hui on m'envoie des troupes militaires qui viennent me tuer depuis le matin..." a déclaré Abbas Kayonga à un média local.
 
Le colonel Abbas Kayonga, officier de la communauté Banyamulenge est un ex-ministre des Mines du Rassemblement Congolais pour la Démocratie – RCD. Il s'agit d'une ancienne rébellion qui a occupé pendant plusieurs années la région du Kivu.