La CPI autorise les enquêtes au Burundi

La CPI annonce l’ouverture d'une enquête sur les crimes commis au Burundi depuis avril 2015. Le pays n'est plus membre de la cour depuis le 27 octobre dernier.

L'annonce de l'ouverture par la cour pénale internationale d'une enquête sur les crimes commis au Burundi depuis le début de la crise politique en avril 2015, tombe quelques jours seulement après le retrait du Burundi de cette cour. Il avait adhéré au Statut de Rome mettant en place la CPI en décembre 2004.

brd soldats burundais solde e18be

La chambre préliminaire a conclu que cette cour est compétente a l'égard des crimes pendant que le Burundi était un Etat partie de ce statut, jusqu' au 26 octobre 2017 inclus, comme le précise un communiqué.

Une décision antidatée

La cour explique que la chambre préliminaire III, a rendu sa décision sous scellés le 25 octobre, deux jours avant le retrait effectif. C'est pour préparer et mettre en œuvre des mesures de protection des victimes.

Cette décision anti datée suscite de vives réactions au Burundi, à la Présidence comme au sein des organisations de défense des droits de l'homme ayant porté plainte au bureau de la cour sur de graves violations des droits de l'homme au Burundi durant cette période.

Selon Willy Nyamitwe, conseiller principal en communication à la Présidence de la République du Burundi via son tweet, cette décision antidatée est « une tricherie de la CPI en marche et le Burundi sortira vainqueur de cette bataille. »

C'est plutôt une grande satisfaction chez Maître Armel Niyongere, aujourd'hui en exil. Il est le président de l'Association chrétienne pour l'abolition de la torture, ACAT-BURUNDI et avocat des familles des victimes. Il parle d'une victoire pour les victimes de la crise de 2015 et espère que justice sera rendue bien que le Burundi ait quitté la cour.

Conférence de presse

Par son retrait, Bujumbura accusait la cour d'être un instrument de l'Occident pour torpiller la souveraineté du pays et une grande manifestation avait été organisée dans la capitale, le 28 octobre dernier. D'après le rapport de la commission onusienne d'enquête sur les droits de l'homme au Burundi depuis avril 2015 conduite par Fathsah Ougergouz, il y a eu des crimes contre l'humanité, des tortures, des disparitions forcées ; un rapport épingle les services de renseignement du Burundi comme auteurs de ces violations. Le rapport a été rejeté par Bujumbura, qui n'a même pas autorisé les trois experts onusiens à venir enquêter au Burundi.

Lors d'une conférence de presse, tenue dans la matinée ce vendredi, la ministre de la Justice, Aimée Laurentine Kanyana, précise que le Burundi ne pourra en aucun cas coopérer avec une cour qu'elle a déjà quittée. Elle précise que le Burundi n'a reçu aucune notification.