Zimbabwe: deux proches de Grace Mugabe maintenus en détention

Poursuivis pour des faits de corruption, d'abus de pouvoir et de fraude, MM. Chomobo et Chipanga doivent de nouveau comparaître devant la justice le 8 décembre 2017

L'ex-ministre des Finances du Zimbabwe et l'ex-chef de la Ligue des jeunes du parti au pouvoir, deux proches de l'ex-première dame, Grace Mugabe, arrêtés lors du coup de force de l'armée qui a causé la chute de son mari, ont été maintenus en détention. L'ancien ministre Ignatius Chombo est poursuivi pour des faits de corruption, d'abus de pouvoir et de fraude remontant à 2004-2009. "Le tribunal a estimé qu'il y avait des raisons irréfutables de lui refuser sa mise en liberté provisoire. Les risques qu'il s'échappe sont réels", a estimé la juge Elisha Singani. "Il y aurait un tollé" s'il était libéré, a-t-elle ajouté dans un tribunal de Harare placé sous très haute surveillance.
 
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A la barre ce week-end, Ignatius Chombo avait affirmé avoir été interrogé masqué pendant huit jours par des inconnus, avant d'être officiellement remis à la police. L'ancien chef de la Ligue des jeunes de la Zanu-PF, Kudzai Chipanga, s'est également vu refuser lundi sa demande de libération conditionnelle. Il est poursuivi pour avoir "publié des déclarations qui portent préjudice" à l'Etat ou à l'armée.
 
L'armée a pris le contrôle du Zimbabwe dans la nuit du 14 au 15 novembre pour, a-t-elle dit, éliminer les "criminels" de l'entourage de Robert Mugabe. Ils visaient en fait les proches de la première dame, qui ne cachait plus ses ambitions présidentielles. Sous la pression de l'armée, de la rue et de la Zanu-PF, Robert Mugabe, 93 ans, a finalement démissionné le 21 novembre après trente-sept ans au pouvoir. Il a été remplacé par son ancien vice-président, Emmerson Mnangagwa, rival de Grace Mugabe.
 
M. Mnangagwa a promis vendredi, lors de sa prestation de serment, de reconstruire une économie en ruines et de servir la nation. Nombre de Zimbabwéens restent cependant sceptiques sur ses intentions: ce fidèle de Robert Mugabe est accusé d'avoir joué un rôle-clé dans la répression organisée par l'ancien régime. MM. Chomobo et Chipanga doivent de nouveau comparaître devant la justice le 8 décembre.