Kinshasa : inauguration d'une nouvelle ambassade de Belgique et des Pays-Bas

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a souhaité une "ouverture du débat démocratique" pour "crédibiliser le calendrier électoral"

En marge de l'inauguration d'une nouvelle ambassade de Belgique et des Pays-Bas, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders a évoqué le calendrier controversé présenté le 5 novembre par la commission électorale congolaise. Le ministre, a souhaité à Kinshasa une "ouverture du débat démocratique" pour "crédibiliser le calendrier électoral" en République démocratique du Congo, où les autorités ont de nouveau interdit toute marche cette semaine.
 
Ce chronogramme fixe au 23 décembre 2018 l'élection d'un successeur au président Joseph Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016 selon l'actuelle Constitution. L'opposition demande son départ dès la fin de l'année. "Il faut qu'à l'intérieur du Congo même, les différents acteurs se mobilisent, probablement autour du calendrier qui a été annoncé, à la condition qu'il soit crédibilisé", a déclaré M. Reynders au cours d'une conférence de presse dans l'ambassade flambante neuve. Pour cela, le ministre a souhaité "des mesures de décrispation" comme la "liberté d'expression" pour "permettre à toutes celles et ceux qui le souhaitent de particper au débat, de participer aux élections".
 
Les autorités de la ville de Kinshasa ont annoncé dimanche 26/11/2017 qu'elles interdisaient les marches prévues mardi 28/11/2017 par la Majorité présidentielle pour soutenir le calendrier électoral, et jeudi par l'opposition contre ce même calendrier. "C'est vrai que les premières mesures sur les manifestations ne vont pas vraiment dans le sens de la décrispation. On aimerait dans les prochains mois voir réellement une ouverture de l'espace public et du débat démocratique", a déclaré M. Reynders.
 
Hormis le gouverneur de Kinshasa, aucune personnalité du gouvernement ou de la majorité n'a partipé à l'inauguration de la nouvelle ambassade située le long du boulevard du 30-juin, date de l'indépendance de l'ex-Congo belge en 1960. Le président du Rassemblement de l'opposition Félix Tshisekedi était présent avec son message habituel contre le président Kabila: "On peut faire le plus beau calendrier du monde. Mais tant qu'il n'y aura pas de bonne foi de la part de ceux qui ont pris ce pays en otage, il n'y aura jamais d'élections".
 
A l'extérieur de l'ambassade, une centaine de manifestants ont crié "Belgique assassin" en hommage au père de l'indépendance Patrice Lumumba. Ephémère premier Premier ministre du jeune Congo indépendant au sortir de la colonisation belge, patriote perçu comme pro-soviétique par les Américains et désavoué par les milieux d'affaires belges, Lumumba a été assassiné en 1961 avec la complicité présumée de la CIA, du MI6 britannique et de la Belgique. "J'ai constaté ce matin que toutes les manifestations n'étaient pas interdites", a ironisé M. Reynders.