Mali : démission du ministre de la justice

Le Garde des Sceaux Mamadou Ismaël Konaté a jeté l'éponge en confiant vouloir reprendre sa liberté

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Mamadou Ismaël Konaté, a décidé de quitter le gouvernement à la surprise générale. Il a aussitôt été remplacé par Hamidou Younoussa Maïga, un magistrat à la retraite. Dans sa lettre de démission, le ministre Konaté rappelle qu' « en République, l'action d'un ministre de la Justice vise à suivre l'application des lois et des règlements et poursuivre le non-respect et leurs violations le cas échéant ». Il affirme par ailleurs avoir fait le constat de l'impossibilité de poursuivre sa mission à travers des actions « 'efficaces, vigoureuse » pour préserver les libertés et poursuivre leurs violations, pour « défendre les deniers dissipés et les intérêts publics compromis et mettre en œuvre des actions idoines, pour poursuivre le crime de sang contre l'impunité ». « Pour qu'aucune action non accomplie ne le reste plus longtemps au sein de ce département, j'ai décidé de vous présenter ma démission en tant que ministre de la justice pour reprendre ma liberté », a-t-il notifié.
 
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Si aucune raison officielle n'a été évoquée pour expliquer ce départ, on pourrait le lier à l'affaire Ras Bath, un célèbre animateur radio. Accusé de « démoralisation des troupes », ce dernier a en effet été condamné en juillet dernier par le tribunal, avant de bénéficier d'un non-lieu devant la cour d'appel ce lundi 27 novembre 2017, dans cette affaire qui l'oppose au ministère public. Il nous est revenu que le ministre Konaté voulait un report de l'audience et aurait signifié cela, au procureur de la Cour d'appel. Il s'est senti alors désavoué quand il apprit que le parquet a finalement requis l'abandon des poursuites. Me Konaté a finalement décidé de s'en aller après un entretien avec le président IBK.
 
IL faut par ailleurs souligner que l'atmosphère était des plus délétères entre le ministre Mamadou Ismaël Konaté et les magistrats. Le premier était accusé par l'écrasante majorité des magistrats de parti pris dans une guerre de clans qui oppose les membres du Syndicat autonome de la magistrature (SAM). Cette affaire a d'ailleurs éclaté au grand jour au cours d'une récente rencontre entre les magistrats et le président de la République, quand Cheick Mohamed Chérif Koné, président déchu du SAM a, avec la bénédiction du ministre Konaté, voulu prendre la parole au nom de ce syndicat.