Kenya: Uhuru Kenyatta investi président

Réélu à la présidentielle d'octobre boycottée par l'opposition, M. Kenyatta a promis de "construire des ponts, unifier et apporter la prospérité à tous les Kényans".

Le président kényan Uhuru Kenyatta a été investi pour un second et dernier mandat à la tête d'un pays divisé, comme en témoigne au même moment la mort d'une personne pendant la dispersion par la police d'opposants souhaitant organiser leur rassemblement. Le contraste était d'ailleurs saisissant entre la cérémonie en grande pompe organisée pour la prestation de serment de M. Kenyatta et les jets de gaz lacrymogène vers le chef de file de l'opposition Raila Odinga, qui promettait à quelques centaines de partisans qu'il prêterait serment comme président le 12 décembre. "Je prêterai serment car je suis le président légitime", a-t-il déclaré. Le 12 décembre est le jour de l'indépendance du Kenya, ancienne colonie britannique.
 
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Réélu à la présidentielle d'octobre boycottée par l'opposition, M. Kenyatta a promis sous les vivats de 60.000 personnes rassemblées dans un stade du nord-est de Nairobi de "construire des ponts, unifier et apporter la prospérité à tous les Kényans". Cette promesse risque toutefois de sonner bien creux aux oreilles de l'opposition, qui répète à l'envi qu'elle ne reconnaît pas la réélection de M. Kenyatta et dénonce la répression brutale de ses manifestations.
 
Cette prestation de serment, en présence d'une dizaine de chefs d'Etat africains, signe la fin d'une saga électorale marquée notamment par l'invalidation en justice de la présidentielle du 8 août, mais pas celle d'une crise politique qui a rappelé au pays ses profondes fractures ethniques, géographiques et sociales. "Cette période a été difficile, mais une fois de plus, les Kényans ont fait preuve de résilience", a lancé M. Kenyatta, promettant par ailleurs d'intensifier le développement des infrastructures, de l'économie, de la couverture santé et de l'accès à l'enseignement.
 
Désobéissance
Présente massivement dans les rues de Nairobi, la police avait bouclé un terrain du sud-est de la ville où l'opposition entendait organiser un rassemblement. A coups de gaz lacrymogène, de tirs de semonce et de tirs tendus, les forces de l'ordre ont joué au chat et à la souris avec des groupes d'opposants, environ 200 au total, qui tentaient de se rendre sur les lieux, selon un journaliste de l'AFP. Au moins une personne a été tuée par balle, ont indiqué deux sources policières.
 
C'est non loin de cette zone que Raila Odinga a prononcé son discours, en milieu d'après-midi. Depuis plusieurs semaines, il a promis de poursuivre une campagne de "désobéissance civile" suivie de manière inégale par ses partisans. Selon un décompte de l'AFP, les violences ayant accompagné le processus électoral ont fait au moins 57 morts depuis le 8 août, principalement dans la brutale répression des manifestations de l'opposition par la police. Loin toutefois du millier de morts des violences politico-ethniques ayant suivi l'élection de 2007.