J. Zuma : un départ sous conditions ?

Les scénarios possibles d'une fin anticipée du deuxième et dernier mandat de M. Zuma, qui expire normalement en 2019

La défiance
Les tractations se multiplient au Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud, pour décider du sort du président Jacob Zuma, qui divise ses rangs. Ces derniers mois, l'opposition a essayé plusieurs fois en vain de faire tomber le chef de l'Etat via un vote de défiance. Toutes ses motions ont échoué devant le Parlement. Pour la dernière en date, fin août 2017, il ne lui a manqué que 24 voix. Une trentaine de députés de l'ANC avaient alors voté la défiance. Le 22 février, le Parlement doit débattre d'une nouvelle motion, déposée là encore par l'opposition.
 
Pour être adopté, le texte doit recueillir la majorité absolue des voix (201 sur 400) dans une assemblée où l'ANC dispose de 249 sièges. Si la défiance est votée, le président doit démissionner et son gouvernement tombe. Le président du Parlement assure alors l'intérim à la tête de l'Etat pour une période maximum de 30 jours, le temps pour le parlement d'élire un nouveau chef de l'Etat.
 
La destitution
Elle doit être votée par les deux tiers des membres du Parlement. Elle ne peut être soumise au vote qu'en cas de "violation grave de la Constitution" de la part du président, d'une "faute grave" ou d'une "incapacité" à exercer sa fonction. En 2016, le président Zuma a précisément été reconnu coupable de violation de la loi suprême par la Cour constitutionnelle. Il avait rénové sa propriété privée aux frais du contribuable. Après une âpre bataille judiciaire, il a finalement été contraint de rembourser un demi-million de dollars.
 
Fin décembre, la Cour constitutionnelle a reproché au Parlement de ne pas avoir, dans ce dossier, "demandé des comptes au président", et lui a ordonné de réviser ses règles de destitution. Ce processus a été enclenché en janvier 2018 mais, il pourrait prendre des semaines, voire des mois avant d'être finalisé. La procédure de destitution en tant que telle, si jamais elle était lancée, peut durer également des mois. Dans le cas où le président est destitué, il peut être privé des avantages alloués à un ancien chef de l'Etat. Le vice-président assure alors l'intérim pour 30 jours maximum, le temps pour le Parlement d'élire le nouveau chef de l'Etat.
 
La démission
Deux cas de figure sont envisageables. Le président peut décider de quitter le pouvoir. Il s'agirait là de la sortie "la plus digne" pour Jacob Zuma, selon Collette Schulz-Herzenberg, professeur de sciences politiques à l'université de Stellenbosch. Second cas de figure : le chef de l'Etat peut être rappelé par son parti, sa seule source de légitimité puisqu'il est élu par les parlementaires. Dans ce cas, il peut démissionner.
 
Il y a déjà eu un précédent. En 2008, Jacob Zuma, alors à la tête de l'ANC, avait contraint le chef de l'Etat Thabo Mbeki à écourter son mandat de président de huit mois. Le parti lui avait ordonné de quitter la présidence, il avait obtempéré. Si le président refuse de se soumettre, le parti peut alors donner l'ordre aux parlementaires de voter la défiance ou d'engager une procédure de destitution. Une fois que le président a démissionné, le vice-président assure l'intérim et il revient au Parlement de procéder, dans les trente jours, à l'élection du nouveau chef de l'Etat. Dans tous les cas de figure, ce dernier est élu par les députés à la majorité simple.