COP21, pourquoi ce sommet est-il déterminant pour l'Afrique ?

Premier continent à subir les effets du dérèglement climatique, l'Afrique est présente au sommet Cop21 qui se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre.

La COP21 a débuté ce 30 novembre à Paris. Ils sont au nombre de 150 chefs d'Etat et de gouvernement venant de près de 200 pays à prendre part à ce grand rendez-vous déterminant pour l'avenir de la planète. L'objectif du sommet est de parvenir à un accord contraignant pour que les pays puissent réduire sensiblement leurs émissions de gaz à effet de serre ; la finalité étant de parvenir à maintenir cette émission à 2°C d'ici 2050.

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L'Afrique n'émet que 4% des gaz à effet de serre de la planète. Paradoxalement, elle reste la première victime des effets du dérèglement climatique. Sur les 10 pays les plus vulnérables de la planète (face aux effets du dérèglement climatique), six pays sont africains. Une problématique qui contraint le continent à se faire entendre au sommet.

Accord

Fort du constat suscité, l'Afrique se montre unie et parlera d'une même voix à ce sommet : montrer combien le continent est victime tout en se positionnant comme le continent qui présente la plus grande source d'énergies renouvelables au monde. Et demander des garanties d'accès à des financements en guise de soutien (indemnités) de la part des pays industrialisés pour faire face aux effets du dérèglement.

Le président Paul Biya qui parlera au nom du continent devant ses pairs du monde n'ira pas de main morte. Dans une récente tribune publiée et relayée par « Le Monde », le président camerounais a laissé comprendre que nous (l'Afrique) « attendons de ''l'accord de Paris'' qui couronnera les travaux de la conférence, des compromis acceptables pour toutes les parties entre les intérêts nationaux et ceux de la communauté des nations.

Pour être crédibles, ces engagements devront être contraignants, surtout en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et prévoir la mise en place des mécanismes d'aide financière et technologique appropriés pour accompagner les pays pauvres dans leur lutte contre les bouleversements climatiques. »

En d'autres termes, la réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays en développement reste conditionnée au soutien des pays industrialisés sous forme de financement, de renforcement de capacités et de transfert de technologie selon la position de l'Afrique. Ensuite, il sera indispensable que les fonds de soutien soient alimentés de façon pérenne et sans préjudice sur les fonds d'aide publique préalablement mis à la disposition des Etats en développement. En termes de fonds, les experts en changement climatique acquis à la cause de l'Afrique parlent d'un fonds d'environ 100 milliards de dollars par an pour permettre aux Etats africains de faire face aux préjudices causées par le dérèglement du climat.

Tribune

Tour à tour, les chefs d'Etat et de gouvernement se sont exprimés de façon solennelle à la tribune.
La Chine, pays qui émet beaucoup plus de gaz à effet de serre au monde a fait savoir par le biais de son président Xin Jinping, que « l'accord de Paris doit nous permettre de mutualiser nos efforts face au réchauffement climatique ».

Barack Obama au nom de la première économie mondiale a fait savoir que « nous sommes la première génération à sentir les effets du changement climatique et la dernière à pouvoir faire quelque chose pour sauver la planète. » « Les Usa sont 2ème en termes d'émission de gaz à effet de serre, nous en sommes conscients et nous travaillerons pour qu'ensemble, on puisse trouver une solution durable pour tous. »

Pour le président ivoirien, Alassane Ouattara, l'Afrique contribue à hauteur de 34% à la production mondiale. Un taux largement suffisant pour que les pays industrialisés prennent en compte le fonds d'aide évalué à 100 milliards de Fcfa (par les experts acquis à la cause africaine) en guise de soutien aux pays en développement. Le sommet prendra fin le 11 décembre 2015.