Libye : la CPI demande de l'argent à l'ONU et la coopération des Libyens

Les enquêtes de ses services sont altérées par l'insécurité qui continue de régner en territoire libyen

La Cour pénale internationale (CPI) a besoin de davantage de moyens financiers pour enquêter en Libye et d'une pleine coopération de ce pays dans la lutte contre les crimes de guerre, a affirmé mercredi, 07 novembre 2017 sa procureure devant le Conseil de sécurité. "Le manque de ressources continue d'être un problème majeur" pour enquêter en Libye, a affirmé Fatou Bensouda, lors d'une réunion du Conseil consacrée à la Libye. La Cour reçoit diverses aides des membres du Conseil et des parties prenantes à la CPI "mais les ressources financières modestes affectées à toutes les enquêtes en cours doivent être augmentées pour avoir les moyens adéquats nous permettant de remplir notre mission", a-t-elle souligné.
 
La procureure a ajouté que les enquêtes de ses services étaient altérées par l'insécurité qui continue de régner en territoire libyen. "Elle empêche mes équipes d'opérer en Libye", a affirmé Fatou Bensouda. "Si des crimes graves continuent d'être commis en Libye, je n'hésiterais pas à émettre de nouveaux mandats d'arrêt", a aussi averti la procureure. "Ces crimes doivent cesser" et dans les affrontements les belligérants "doivent respecter le droit international et humanitaire", a-t-elle réclamé.
 
Dans un récent rapport pour le Conseil de sécurité, Fatou Bensouda souligne que ses services restent "déterminés" à agir en Libye. "Toutefois, si l'on veut que les poursuites engagées devant la Cour puissent progresser sensiblement, il faut que les promesses faites par la Libye en matière de coopération soient tenues", ajoute-t-elle.
 
La CPI a délivré plusieurs mandats d'arrêts concernant des individus en Libye mais peine à faire arrêter les suspects. La procureure a notamment réclamé plusieurs fois à la Libye l'arrestation d'un commandant, Mahmoud Mustafa Busayf Al-Werfalli, soupçonné d'avoir été impliqué dans la mort de 33 personnes. "Mes services ont recu des informations indiquant que M. Al-Werfalli est toujours en liberté, reste commandant au sein de la brigade A1-Saiqa, et pourrait être impliqué dans d'autres meurtres", a indiqué au Conseil de sécurité Fatou Bensouda, en précisant enquêter sur ces allégations.